26.01.2012
Encore, la droite la plus bête du Monde ?
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18.01.2012
Voulez-vous vraiment avoir accès à une information qui soit filtrée et conditionnée selon le bon vouloir d'un gouvernement ?
Journée de solidarité avec le mouvement de blackout mondial sur le Net lancé par les américains pour défendre la liberté sur le Net et lutter contre les lois SOPA et PIPA

INFORMATION sur les LOIS autorisant des censures arbitraires sur Internet
HADOPI qui explore toutes les pistes... Aussi bien celle du mouchard sur nos ordinateurs, que celle du filtrage des sites ou encore de l'analyse de packets.
LOPPSI qui permet de mettre dans une liste noire n'importe quel site sans intervention d'un juge. Aucun organisme ne peut contrôler cette liste, ce qui empêche les réclamations.
ARJEL qui permet déjà le blocage de certains sites.
SOPA et PIPA aux États-Unis, qui violent les principes de liberté d'expression et qui coupent les jambes de l'innovation. Ce qui est marrant avec SOPA, c'est que si ça passe, ça nous affectera tous puisque nous utilisons beaucoup de services basés aux États-Unis (hébergement, noms de domaine, DNS...etc). C'est pourquoi cette lutte contre SOPA est importante.
ACTA qui fait la part belle aux brevets et nous posera beaucoup de problèmes dans des domaines aussi variés que la liberté d'expression, la santé ou l'innovation
IPRED et un nouveau projet de filtrage européen qui sont des équivalences de SOPA et PIPA.
Le point commun de toutes ces lois , qu'elles soient déjà en place ou en cours de discussion, c'est tout simplement de permettre à des entreprises privées et des gouvernements de contrôler la liberté d'expression, l'innovation et de s'octroyer un droit à la censure sur à peu près tout et n'importe quoi.
Comment ? Et bien dans un premier temps, en espionnant les communications électroniques des internautes, mais aussi en permettant la censure de n'importe quel site sur des prétextes aussi bancals que la lutte contre la pédo-pornographie ou le téléchargement illégal.
Imaginez que demain, tous les sites doivent appliquer ces "normes". Alors, chacun devra s'auto-censurer car immanquablement des sociétés privées auront pu graissé la patte de politiciens pour que certains sujets ou logiciels ou techniques ou bidouilles soient censurables !
Ceci vaudra pour nous tous et pas seulement les gens qui produisent du contenu sur le Net : Entrepreneurs, webmasters, mais aussi les blogueurs, les journalistes, les activistes et même la Mamie du Cantal (Free) qui se fera peut être couper sa connexion internet parce qu'elle a raconté un truc sur Facebook qui est soumis à la censure gouvernementale.
On peut tout imaginer, puisque ces gens qui seront aux commandes du filtrage d'Internet n'auront pas de garde fou. Un tel pouvoir ne doit pas exister... jamais et pour personne. C'est comme cela qu'a été imaginé Internet à ses débuts et en faire un média contrôlé reviendrait à nous remettre devant la télévision ou le Minitel.
Les sites qui sont en blackout aujourd'hui contre SOPA, PIPA et toutes ces lois sont :
- Wikipedia EN
- Les sites des Anonymous
- XDA developers
- JcFrog
- GOG
- Boing Boing
- Destructoid
- Avast
- Tucows
- Mozilla
- Mojang (Minecraft)
- RageMaker
- Twitpic
- Identi.ca
- Red 5 studios
- Le réseau Cheezburger (I Can Haz Cheezburger, Fail blog, The Daily What, Know your meme...etc)
Liste non exhaustive !
LIENS pour s’informer :
Pourquoi le projet de loi américain SOPA nous menace-t-il tous ?
12 actions pour combattre et stopper SOPA
La Quadrature du net
21:09 Publié dans Modernité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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15.01.2012
Brouillard verbal sur la campagne …
Sur Télérama : réflexions inspirées par la campagne présidentielle 2012; garanties ni caniveau ni bas niveau …![]()
Extraits de Télérama “Journal à cent voix” des Présidentielles 2012 :
http://www.telerama.fr/tag/journal-a-cent-voix/
Wikio Mots clés : Marie Desplechin, Mariette Darrigrand, campagne présidentielle 2012, J-100, cent jours, cent voix
Télérama - Présidentielle J-100 : la campagne vue par Marie Desplechin

Bon alors, cette campagne, il paraît qu’elle a commencé, même pour ceux qui n’ont pas vraiment commencé, même pour ceux qui vont en sortir bientôt. On voit un type faire des simagrées autour de Jeanne d’Arc, un autre type faire des simagrées autour de Mitterrand, un tas de types faire des simagrées dans les usines qui ferment.
Ça ressemble à une suite de danses nuptiales désarticulées. Elles s’accompagnent d’un brouillard verbal récemment désigné comme « éléments de langage », sous-produit des argumentaires élaborés par des professionnels de la manipulation (yaourts, fringues, assurances, bagnoles, centrales nucléaires, médicaments, présidents de la République). Des sondages incessants infligent le rythme, des flèches qui montent et qui descendent, machin a pris des points, truc en a perdu, tu parles d’un suspens. On peut suivre comme on suit le sport à la télé. Qui entre en Ligue Un, qui en sort.Et tout ça nappé dans la rhétorique épaisse des gars et des filles qui sont en course. Tous ces mots qui ne servent à rien, toutes ces fausses phrases. Il y a sûrement un tas de gens là-dedans qui valent beaucoup mieux que ce qu’ils sont amenés à dire. Revenez après l’élection, les amis, revenez quand vous pourrez parler, ça nous fera plaisir.
L'article complet sur http://www.telerama.fr/idees/presidentielle-j-100-la-campagne-vue-par-marie-desplechin,76907.php :
Présidentielle J-98 : la campagne vue par Mariette Darrigrand

[…]l’élu n’est pas censé incarner des abstractions mais représenter des individus bien vivants.
L’assemblée des citoyens désigne son président : littéralement celui qui, pra-sedere, s’assoit devant eux pour se faire leur ambassadeur. Depuis les cahiers de doléances jusqu’au suffrage universel, ce mécanisme ascensionnel – du bas vers le haut –, nourrit notre démocratie dite, précisément, représentative.
L’incarnation traduit un mouvement inverse. Un homme ou une femme incarnant des valeurs, c’est un être qui est relié au ciel et s’en fait le représentant. Tel l’Objet de la caverne platonicienne, il descend par moments dans le monde de l’ici-bas, se faire le reflet de l’Idée qui tout en haut brille comme une étoile.
Cette relation originelle – imaginée par un philosophe qui n’aimait guère la démocratie – a été parfaitement prolongée par notre histoire religieuse. Aujourd’hui, la France devenue post-chrétienne, reste tout de même persuadée – question d’habitus plus que de foi – que l’incarnation, c’est toujours un Verbe qui se fait Chair. Comme une âme tombant dans un corps, une catégorie abstraite (La Liberté, Le Changement, la Fracture sociale, la Rupture, l e Courage…) vient animer un personnage charismatique. Celui-ci alors, élu entre mille, déploie sa foi sur les écrans et amène à lui tous ces petits enfants attardés que sont les média-consommateurs.Ce mécanisme narcissico-christique pointait déjà le nez à la fin de la campagne présidentielle de 2007 : les deux candidats finalistes, bras en croix et voix doucereuses, désireux, pour l’un, de ramener au bercail les brebis égarées du Front national ; pour l’autre, de créer une société de fraternité, ont martelé leur commune prière : Aimez-moi les uns les autres.
L'article complet sur http://www.telerama.fr/idees/presidentielle-j-98-la-campa... :
16:18 Publié dans Moeurs, Télérama | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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31.12.2011
Noel interdit
Johnny en 1973
C'est un Noël pour les enfants perdus
Pour tous ceux qui n'y ont jamais cru
C'est un Noël pour les chiens sans collier
Pour ce gosse de la rue que j'étais
01:15 Publié dans Chanson, Danse, Musique, Vidéo | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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13.12.2011
Éthique, l'affaire de tous les chercheurs
On aimerait bien que ce ne soit pas que l'affaire des chercheurs ....
L'article cité, pointe des questions d'éthique centrées sur les technologies de l'infomation. L'image ci-dessous en donne un bref résumé.Comme on sait, la médecine et la biologie soulèvent d'autres problèmes...
Dominer l'ensemble de ces questions d'éthique risque d'être assez compliqué. On n'est pas prêt de mettre tout le monde d'accord, si on ne trouva pas u mécanisme de convergence des points de vue ? !
Ici le rapport du Comité d'Éthique du CNRS (décembre 2009)
18:45 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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11.12.2011
Vieille fantaisie du chansonnier Léon Xanrof – Le fiacre
Paroles et Musique: Léon Xanrof 1888 © Fortin 1888
Interprètes: Félicia Mallet, Yvette Guilbert (1898), Jean Sablon (1939), Barbara, Lina Margy, Germaine Montéro (1960), Georges Brassens (1980) note:
Cette chanson fût remise au goût du jour sur un tempo swing par Jean Sablon en 1939
Un fiacre allait, trottinant
Cahin, caha,
Hu, dia, hop là !
Un fiacre allait, trottinant
Jaune, avec un cocher blanc
Derrière les stores baissés
Cahin, caha,
Hu, dia, hop là !
Derrière les stores baissés
On entendait des baisers
Puis une voix disant "Léon !"
Cahin, caha,
Hu, dia, hop là !
Puis une voix disant "Léon !”
Pour ... causer, ôte ton lorgnon !
Un vieux monsieur qui passait
Cahin, caha,
Hu, dia, hop là !
Un vieux monsieur qui passait
S'écrie "Mais on dirait qu' c'est
Ma femme avec un quidam !
Cahin, caha,
Hu, dia, hop là !
Ma femme avec un quidam !
Y s' lance sur le macadam
Mais y glisse su' l' sol mouillé
Cahin, caha,
Hu, dia, hop là !
Mais y glisse su' l' sol mouillé
Crac ! il est écrabouillé
Du fiacre une dame sort et dit
Cahin, caha,
Hu, dia, hop là !
Du fiacre une dame sort et dit :
"Chouette, Léon ! C'est mon mari !
Y a plus besoin d' nous cacher,
Cahin, caha,
Hu, dia, hop là !
Y a plus besoin d' nous cacher
Donne donc cent sous au cocher !
17:25 Publié dans Chanson, Danse, Musique, Vidéo | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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Qui parle ? Et que dit-il ?
“Bien longtemps même avant que la récession ne débute, travailler dur ne faisait plus aucune différence pour la plupart des gens. Un nombre de plus en plus restreint des personnes qui contribuaient au succès de notre économie bénéficiaient véritablement de ses avancées. Ceux qui vivent au sommet s’enrichissaient plus que jamais, du fait de leurs rémunérations et de leurs investissements. Mais la grande masse des autres s’escrimaient avec des coûts en hausse constante et des feuilles de paie pour qui ce n’était pas le cas – et un nombre toujours croissant de familles s’endettaient toujours davantage, pour ne pas sombrer. […] Le château de cartes s’effondra en 2008. […]
L’histoire est maintenant connue de tous : des crédits hypothécaires accordés à des ménages qui ne pouvaient pas se les permettre, et qui bien souvent n’en comprenaient pas les termes. Des banques et des investisseurs à qui on a permis de reconditionner les risques qui en découlaient et de les revendre. Des paris colossaux – et des bonus colossaux – faits et accordés avec l’argent de quelqu’un d’autre. Des régulateurs dont on supposait qu’ils nous alerteraient quant aux dangers causés par tout cela, mais qui regardèrent ailleurs ou n’avaient même pas le pouvoir de regarder. […]
Les aciéries qui avaient besoin autrefois de 1.000 ouvriers font aujourd’hui le même travail avec seulement 100, et les licenciements sont du coup trop souvent permanents. Et de tels changements n’épargnent pas les cadres. Si vous étiez guichetier d’une banque, réceptionniste ou agent touristique, la plupart d’entre vous ont été remplacés par un distributeur de billet ou par l’Internet. […]
Examinez les statistiques : au cours des dernières décennies, le revenu moyen du 1% au sommet a augmenté de 250% […] Le dirigeant d’entreprise typique qui touchait autrefois 30 fois ce que gagnaient ses employés, gagne aujourd’hui 110 fois plus. Et pendant ce temps-là, les revenus de la grande masse des Américains ont baissé de 6%. […]
Quand les ménages de la classe moyenne ne peuvent plus s’offrir les biens et les services que les entreprises proposent, c’est l’économie dans son ensemble qui coule […] Les pays qui connaissent moins de disparités ont des économies plus solides et connaissent une croissance plus forte et plus robuste sur le long terme.
Les inégalités opèrent des distorsions sur la démocratie. Elles amplifient la voix du petit nombre qui peuvent recruter des lobbyistes excessivement bien payés et se permettre des dons au montant illimité aux campagnes des politiques. Le risque est grand que notre démocratie ne soit mise à l’encan et raflée par le plus offrant.”
Eh oui, c’est bien Obama qui canarde les 1% les plus riches et les banquiers !
Ici le Poster tiré de cette allocution
Et ci-dessous le texte intégral de son allocution en anglais; les parties en bleu correspondent aux extraits donnés ci-dessus. Suivent après, les articles du Monde et de la tribune paru sur ce sujet le 7/12.
Obama’s Speech in Kansas
http://www.nytimes.com/2011/12/07/us/politics/text-obamas...
Following is a text of President Obama’s speech in Osawatomie, Kan. on Tuesday, as released by the White House:
THE PRESIDENT: Thank you, everybody. Please, please have a seat. Thank you so much. Thank you. Good afternoon, everybody.
AUDIENCE: Good afternoon.
THE PRESIDENT: Well, I want to start by thanking a few folks who’ve joined us today. We’ve got the mayor of Osawatomie, Phil Dudley is here. (Applause.) We have your superintendent Gary French in the house. (Applause.) And we have the principal of Osawatomie High, Doug Chisam. (Applause.) And I have brought your former governor, who is doing now an outstanding job as Secretary of Health and Human Services — Kathleen Sebelius is in the house. (Applause.) We love Kathleen.
Well, it is great to be back in the state of Tex — (laughter) — state of Kansas. I was giving Bill Self a hard time, he was here a while back. As many of you know, I have roots here. (Applause.) I’m sure you’re all familiar with the Obamas of Osawatomie. (Laughter.) Actually, I like to say that I got my name from my father, but I got my accent — and my values — from my mother. (Applause.) She was born in Wichita. (Applause.) Her mother grew up in Augusta. Her father was from El Dorado. So my Kansas roots run deep.
My grandparents served during World War II. He was a soldier in Patton’s Army; she was a worker on a bomber assembly line. And together, they shared the optimism of a nation that triumphed over the Great Depression and over fascism. They believed in an America where hard work paid off, and responsibility was rewarded, and anyone could make it if they tried — no matter who you were, no matter where you came from, no matter how you started out. (Applause.)
And these values gave rise to the largest middle class and the strongest economy that the world has ever known. It was here in America that the most productive workers, the most innovative companies turned out the best products on Earth. And you know what? Every American shared in that pride and in that success — from those in the executive suites to those in middle management to those on the factory floor. (Applause.) So you could have some confidence that if you gave it your all, you’d take enough home to raise your family and send your kids to school and have your health care covered, put a little away for retirement.
Today, we’re still home to the world’s most productive workers. We’re still home to the world’s most innovative companies. But for most Americans, the basic bargain that made this country great has eroded. Long before the recession hit, hard work stopped paying off for too many people. Fewer and fewer of the folks who contributed to the success of our economy actually benefited from that success. Those at the very top grew wealthier from their incomes and their investments — wealthier than ever before. But everybody else struggled with costs that were growing and paychecks that weren’t — and too many families found themselves racking up more and more debt just to keep up.
Now, for many years, credit cards and home equity loans papered over this harsh reality. But in 2008, the house of cards collapsed. We all know the story by now: Mortgages sold to people who couldn’t afford them, or even sometimes understand them. Banks and investors allowed to keep packaging the risk and selling it off. Huge bets — and huge bonuses — made with other people’s money on the line. Regulators who were supposed to warn us about the dangers of all this, but looked the other way or didn’t have the authority to look at all.
It was wrong. It combined the breathtaking greed of a few with irresponsibility all across the system. And it plunged our economy and the world into a crisis from which we’re still fighting to recover. It claimed the jobs and the homes and the basic security of millions of people — innocent, hardworking Americans who had met their responsibilities but were still left holding the bag.
And ever since, there’s been a raging debate over the best way to restore growth and prosperity, restore balance, restore fairness. Throughout the country, it’s sparked protests and political movements — from the tea party to the people who’ve been occupying the streets of New York and other cities. It’s left Washington in a near-constant state of gridlock. It’s been the topic of heated and sometimes colorful discussion among the men and women running for president. (Laughter.)
But, Osawatomie, this is not just another political debate. This is the defining issue of our time. This is a make-or-break moment for the middle class, and for all those who are fighting to get into the middle class. Because what’s at stake is whether this will be a country where working people can earn enough to raise a family, build a modest savings, own a home, secure their retirement.
Now, in the midst of this debate, there are some who seem to be suffering from a kind of collective amnesia. After all that’s happened, after the worst economic crisis, the worst financial crisis since the Great Depression, they want to return to the same practices that got us into this mess. In fact, they want to go back to the same policies that stacked the deck against middle-class Americans for way too many years. And their philosophy is simple: We are better off when everybody is left to fend for themselves and play by their own rules.
I am here to say they are wrong. (Applause.) I’m here in Kansas to reaffirm my deep conviction that we’re greater together than we are on our own. I believe that this country succeeds when everyone gets a fair shot, when everyone does their fair share, when everyone plays by the same rules. (Applause.) These aren’t Democratic values or Republican values. These aren’t 1 percent values or 99 percent values. They’re American values. And we have to reclaim them. (Applause.)
You see, this isn’t the first time America has faced this choice. At the turn of the last century, when a nation of farmers was transitioning to become the world’s industrial giant, we had to decide: Would we settle for a country where most of the new railroads and factories were being controlled by a few giant monopolies that kept prices high and wages low? Would we allow our citizens and even our children to work ungodly hours in conditions that were unsafe and unsanitary? Would we restrict education to the privileged few? Because there were people who thought massive inequality and exploitation of people was just the price you pay for progress.
Theodore Roosevelt disagreed. He was the Republican son of a wealthy family. He praised what the titans of industry had done to create jobs and grow the economy. He believed then what we know is true today, that the free market is the greatest force for economic progress in human history. It’s led to a prosperity and a standard of living unmatched by the rest of the world.
But Roosevelt also knew that the free market has never been a free license to take whatever you can from whomever you can. (Applause.) He understood the free market only works when there are rules of the road that ensure competition is fair and open and honest. And so he busted up monopolies, forcing those companies to compete for consumers with better services and better prices. And today, they still must. He fought to make sure businesses couldn’t profit by exploiting children or selling food or medicine that wasn’t safe. And today, they still can’t.
And in 1910, Teddy Roosevelt came here to Osawatomie and he laid out his vision for what he called a New Nationalism. “Our country,” he said, “…means nothing unless it means the triumph of a real democracy…of an economic system under which each man shall be guaranteed the opportunity to show the best that there is in him.” (Applause.)
Now, for this, Roosevelt was called a radical. He was called a socialist — (laughter) — even a communist. But today, we are a richer nation and a stronger democracy because of what he fought for in his last campaign: an eight-hour work day and a minimum wage for women — (applause) — insurance for the unemployed and for the elderly, and those with disabilities; political reform and a progressive income tax. (Applause.)
Today, over 100 years later, our economy has gone through another transformation. Over the last few decades, huge advances in technology have allowed businesses to do more with less, and it’s made it easier for them to set up shop and hire workers anywhere they want in the world. And many of you know firsthand the painful disruptions this has caused for a lot of Americans.
Factories where people thought they would retire suddenly picked up and went overseas, where workers were cheaper. Steel mills that needed 100 — or 1,000 employees are now able to do the same work with 100 employees, so layoffs too often became permanent, not just a temporary part of the business cycle. And these changes didn’t just affect blue-collar workers. If you were a bank teller or a phone operator or a travel agent, you saw many in your profession replaced by ATMs and the Internet.
Today, even higher-skilled jobs, like accountants and middle management can be outsourced to countries like China or India. And if you’re somebody whose job can be done cheaper by a computer or someone in another country, you don’t have a lot of leverage with your employer when it comes to asking for better wages or better benefits, especially since fewer Americans today are part of a union.
Now, just as there was in Teddy Roosevelt’s time, there is a certain crowd in Washington who, for the last few decades, have said, let’s respond to this economic challenge with the same old tune. “The market will take care of everything,” they tell us. If we just cut more regulations and cut more taxes — especially for the wealthy — our economy will grow stronger. Sure, they say, there will be winners and losers. But if the winners do really well, then jobs and prosperity will eventually trickle down to everybody else. And, they argue, even if prosperity doesn’t trickle down, well, that’s the price of liberty.
Now, it’s a simple theory. And we have to admit, it’s one that speaks to our rugged individualism and our healthy skepticism of too much government. That’s in America’s DNA. And that theory fits well on a bumper sticker. (Laughter.) But here’s the problem: It doesn’t work. It has never worked. (Applause.) It didn’t work when it was tried in the decade before the Great Depression. It’s not what led to the incredible postwar booms of the ‘50s and ‘60s. And it didn’t work when we tried it during the last decade. (Applause.) I mean, understand, it’s not as if we haven’t tried this theory.
Remember in those years, in 2001 and 2003, Congress passed two of the most expensive tax cuts for the wealthy in history. And what did it get us? The slowest job growth in half a century. Massive deficits that have made it much harder to pay for the investments that built this country and provided the basic security that helped millions of Americans reach and stay in the middle class — things like education and infrastructure, science and technology, Medicare and Social Security.
Remember that in those same years, thanks to some of the same folks who are now running Congress, we had weak regulation, we had little oversight, and what did it get us? Insurance companies that jacked up people’s premiums with impunity and denied care to patients who were sick, mortgage lenders that tricked families into buying homes they couldn’t afford, a financial sector where irresponsibility and lack of basic oversight nearly destroyed our entire economy.
We simply cannot return to this brand of “you’re on your own” economics if we’re serious about rebuilding the middle class in this country. (Applause.) We know that it doesn’t result in a strong economy. It results in an economy that invests too little in its people and in its future. We know it doesn’t result in a prosperity that trickles down. It results in a prosperity that’s enjoyed by fewer and fewer of our citizens.
Look at the statistics. In the last few decades, the average income of the top 1 percent has gone up by more than 250 percent to $1.2 million per year. I’m not talking about millionaires, people who have a million dollars. I’m saying people who make a million dollars every single year. For the top one hundredth of 1 percent, the average income is now $27 million per year. The typical CEO who used to earn about 30 times more than his or her worker now earns 110 times more. And yet, over the last decade the incomes of most Americans have actually fallen by about 6 percent.
Now, this kind of inequality — a level that we haven’t seen since the Great Depression — hurts us all. When middle-class families can no longer afford to buy the goods and services that businesses are selling, when people are slipping out of the middle class, it drags down the entire economy from top to bottom. America was built on the idea of broad-based prosperity, of strong consumers all across the country. That’s why a CEO like Henry Ford made it his mission to pay his workers enough so that they could buy the cars he made. It’s also why a recent study showed that countries with less inequality tend to have stronger and steadier economic growth over the long run.
Inequality also distorts our democracy. It gives an outsized voice to the few who can afford high-priced lobbyists and unlimited campaign contributions, and it runs the risk of selling out our democracy to the highest bidder. (Applause.) It leaves everyone else rightly suspicious that the system in Washington is rigged against them, that our elected representatives aren’t looking out for the interests of most Americans.
But there’s an even more fundamental issue at stake. This kind of gaping inequality gives lie to the promise that’s at the very heart of America: that this is a place where you can make it if you try. We tell people — we tell our kids — that in this country, even if you’re born with nothing, work hard and you can get into the middle class. We tell them that your children will have a chance to do even better than you do. That’s why immigrants from around the world historically have flocked to our shores.
And yet, over the last few decades, the rungs on the ladder of opportunity have grown farther and farther apart, and the middle class has shrunk. You know, a few years after World War II, a child who was born into poverty had a slightly better than 50-50 chance of becoming middle class as an adult. By 1980, that chance had fallen to around 40 percent. And if the trend of rising inequality over the last few decades continues, it’s estimated that a child born today will only have a one-in-three chance of making it to the middle class — 33 percent.
It’s heartbreaking enough that there are millions of working families in this country who are now forced to take their children to food banks for a decent meal. But the idea that those children might not have a chance to climb out of that situation and back into the middle class, no matter how hard they work? That’s inexcusable. It is wrong. (Applause.) It flies in the face of everything that we stand for. (Applause.)
Now, fortunately, that’s not a future that we have to accept, because there’s another view about how we build a strong middle class in this country — a view that’s truer to our history, a vision that’s been embraced in the past by people of both parties for more than 200 years.
It’s not a view that we should somehow turn back technology or put up walls around America. It’s not a view that says we should punish profit or success or pretend that government knows how to fix all of society’s problems. It is a view that says in America we are greater together — when everyone engages in fair play and everybody gets a fair shot and everybody does their fair share. (Applause.)
So what does that mean for restoring middle-class security in today’s economy? Well, it starts by making sure that everyone in America gets a fair shot at success. The truth is we’ll never be able to compete with other countries when it comes to who’s best at letting their businesses pay the lowest wages, who’s best at busting unions, who’s best at letting companies pollute as much as they want. That’s a race to the bottom that we can’t win, and we shouldn’t want to win that race. (Applause.) Those countries don’t have a strong middle class. They don’t have our standard of living.
The race we want to win, the race we can win is a race to the top — the race for good jobs that pay well and offer middle-class security. Businesses will create those jobs in countries with the highest-skilled, highest-educated workers, the most advanced transportation and communication, the strongest commitment to research and technology.
The world is shifting to an innovation economy and nobody does innovation better than America. Nobody does it better. (Applause.) No one has better colleges. Nobody has better universities. Nobody has a greater diversity of talent and ingenuity. No one’s workers or entrepreneurs are more driven or more daring. The things that have always been our strengths match up perfectly with the demands of the moment.
But we need to meet the moment. We’ve got to up our game. We need to remember that we can only do that together. It starts by making education a national mission — a national mission. (Applause.) Government and businesses, parents and citizens. In this economy, a higher education is the surest route to the middle class. The unemployment rate for Americans with a college degree or more is about half the national average. And their incomes are twice as high as those who don’t have a high school diploma. Which means we shouldn’t be laying off good teachers right now — we should be hiring them. (Applause.) We shouldn’t be expecting less of our schools –- we should be demanding more. (Applause.) We shouldn’t be making it harder to afford college — we should be a country where everyone has a chance to go and doesn’t rack up $100,000 of debt just because they went. (Applause.)
In today’s innovation economy, we also need a world-class commitment to science and research, the next generation of high-tech manufacturing. Our factories and our workers shouldn’t be idle. We should be giving people the chance to get new skills and training at community colleges so they can learn how to make wind turbines and semiconductors and high-powered batteries. And by the way, if we don’t have an economy that’s built on bubbles and financial speculation, our best and brightest won’t all gravitate towards careers in banking and finance. (Applause.) Because if we want an economy that’s built to last, we need more of those young people in science and engineering. (Applause.) This country should not be known for bad debt and phony profits. We should be known for creating and selling products all around the world that are stamped with three proud words: Made in America. (Applause.)
Today, manufacturers and other companies are setting up shop in the places with the best infrastructure to ship their products, move their workers, communicate with the rest of the world. And that’s why the over 1 million construction workers who lost their jobs when the housing market collapsed, they shouldn’t be sitting at home with nothing to do. They should be rebuilding our roads and our bridges, laying down faster railroads and broadband, modernizing our schools — (applause) — all the things other countries are already doing to attract good jobs and businesses to their shores.
Yes, business, and not government, will always be the primary generator of good jobs with incomes that lift people into the middle class and keep them there. But as a nation, we’ve always come together, through our government, to help create the conditions where both workers and businesses can succeed. (Applause.) And historically, that hasn’t been a partisan idea. Franklin Roosevelt worked with Democrats and Republicans to give veterans of World War II — including my grandfather, Stanley Dunham — the chance to go to college on the G.I. Bill. It was a Republican President, Dwight Eisenhower, a proud son of Kansas — (applause) — who started the Interstate Highway System, and doubled down on science and research to stay ahead of the Soviets.
Of course, those productive investments cost money. They’re not free. And so we’ve also paid for these investments by asking everybody to do their fair share. Look, if we had unlimited resources, no one would ever have to pay any taxes and we would never have to cut any spending. But we don’t have unlimited resources. And so we have to set priorities. If we want a strong middle class, then our tax code must reflect our values. We have to make choices.
Today that choice is very clear. To reduce our deficit, I’ve already signed nearly $1 trillion of spending cuts into law and I’ve proposed trillions more, including reforms that would lower the cost of Medicare and Medicaid. (Applause.)
But in order to structurally close the deficit, get our fiscal house in order, we have to decide what our priorities are. Now, most immediately, short term, we need to extend a payroll tax cut that’s set to expire at the end of this month. (Applause.) If we don’t do that, 160 million Americans, including most of the people here, will see their taxes go up by an average of $1,000 starting in January and it would badly weaken our recovery. That’s the short term.
In the long term, we have to rethink our tax system more fundamentally. We have to ask ourselves: Do we want to make the investments we need in things like education and research and high-tech manufacturing — all those things that helped make us an economic superpower? Or do we want to keep in place the tax breaks for the wealthiest Americans in our country? Because we can’t afford to do both. That is not politics. That’s just math. (Laughter and applause.)
Now, so far, most of my Republican friends in Washington have refused under any circumstance to ask the wealthiest Americans to go to the same tax rate they were paying when Bill Clinton was president. So let’s just do a trip down memory lane here.
Keep in mind, when President Clinton first proposed these tax increases, folks in Congress predicted they would kill jobs and lead to another recession. Instead, our economy created nearly 23 million jobs and we eliminated the deficit. (Applause.) Today, the wealthiest Americans are paying the lowest taxes in over half a century. This isn’t like in the early ‘50s, when the top tax rate was over 90 percent. This isn’t even like the early ‘80s, when the top tax rate was about 70 percent. Under President Clinton, the top rate was only about 39 percent. Today, thanks to loopholes and shelters, a quarter of all millionaires now pay lower tax rates than millions of you, millions of middle-class families. Some billionaires have a tax rate as low as 1 percent. One percent.
That is the height of unfairness. It is wrong. (Applause.) It’s wrong that in the United States of America, a teacher or a nurse or a construction worker, maybe earns $50,000 a year, should pay a higher tax rate than somebody raking in $50 million. (Applause.) It’s wrong for Warren Buffett’s secretary to pay a higher tax rate than Warren Buffett. (Applause.) And by the way, Warren Buffett agrees with me. (Laughter.) So do most Americans — Democrats, independents and Republicans. And I know that many of our wealthiest citizens would agree to contribute a little more if it meant reducing the deficit and strengthening the economy that made their success possible.
This isn’t about class warfare. This is about the nation’s welfare. It’s about making choices that benefit not just the people who’ve done fantastically well over the last few decades, but that benefits the middle class, and those fighting to get into the middle class, and the economy as a whole.
Finally, a strong middle class can only exist in an economy where everyone plays by the same rules, from Wall Street to Main Street. (Applause.) As infuriating as it was for all of us, we rescued our major banks from collapse, not only because a full-blown financial meltdown would have sent us into a second Depression, but because we need a strong, healthy financial sector in this country.
But part of the deal was that we wouldn’t go back to business as usual. And that’s why last year we put in place new rules of the road that refocus the financial sector on what should be their core purpose: getting capital to the entrepreneurs with the best ideas, and financing millions of families who want to buy a home or send their kids to college.
Now, we’re not all the way there yet, and the banks are fighting us every inch of the way. But already, some of these reforms are being implemented.
If you’re a big bank or risky financial institution, you now have to write out a “living will” that details exactly how you’ll pay the bills if you fail, so that taxpayers are never again on the hook for Wall Street’s mistakes. (Applause.) There are also limits on the size of banks and new abilities for regulators to dismantle a firm that is going under. The new law bans banks from making risky bets with their customers’ deposits, and it takes away big bonuses and paydays from failed CEOs, while giving shareholders a say on executive salaries.
This is the law that we passed. We are in the process of implementing it now. All of this is being put in place as we speak. Now, unless you’re a financial institution whose business model is built on breaking the law, cheating consumers and making risky bets that could damage the entire economy, you should have nothing to fear from these new rules.
Some of you may know, my grandmother worked as a banker for most of her life — worked her way up, started as a secretary, ended up being a vice president of a bank. And I know from her, and I know from all the people that I’ve come in contact with, that the vast majority of bankers and financial service professionals, they want to do right by their customers. They want to have rules in place that don’t put them at a disadvantage for doing the right thing. And yet, Republicans in Congress are fighting as hard as they can to make sure that these rules aren’t enforced.
I’ll give you a specific example. For the first time in history, the reforms that we passed put in place a consumer watchdog who is charged with protecting everyday Americans from being taken advantage of by mortgage lenders or payday lenders or debt collectors. And the man we nominated for the post, Richard Cordray, is a former attorney general of Ohio who has the support of most attorney generals, both Democrat and Republican, throughout the country. Nobody claims he’s not qualified.
But the Republicans in the Senate refuse to confirm him for the job; they refuse to let him do his job. Why? Does anybody here think that the problem that led to our financial crisis was too much oversight of mortgage lenders or debt collectors?
AUDIENCE: No!
THE PRESIDENT: Of course not. Every day we go without a consumer watchdog is another day when a student, or a senior citizen, or a member of our Armed Forces — because they are very vulnerable to some of this stuff — could be tricked into a loan that they can’t afford — something that happens all the time. And the fact is that financial institutions have plenty of lobbyists looking out for their interests. Consumers deserve to have someone whose job it is to look out for them. (Applause.) And I intend to make sure they do. (Applause.) And I want you to hear me, Kansas: I will veto any effort to delay or defund or dismantle the new rules that we put in place. (Applause.)
We shouldn’t be weakening oversight and accountability. We should be strengthening oversight and accountability. I’ll give you another example. Too often, we’ve seen Wall Street firms violating major anti-fraud laws because the penalties are too weak and there’s no price for being a repeat offender. No more. I’ll be calling for legislation that makes those penalties count so that firms don’t see punishment for breaking the law as just the price of doing business. (Applause.)
The fact is this crisis has left a huge deficit of trust between Main Street and Wall Street. And major banks that were rescued by the taxpayers have an obligation to go the extra mile in helping to close that deficit of trust. At minimum, they should be remedying past mortgage abuses that led to the financial crisis. They should be working to keep responsible homeowners in their home. We’re going to keep pushing them to provide more time for unemployed homeowners to look for work without having to worry about immediately losing their house.
The big banks should increase access to refinancing opportunities to borrowers who haven’t yet benefited from historically low interest rates. And the big banks should recognize that precisely because these steps are in the interest of middle-class families and the broader economy, it will also be in the banks’ own long-term financial interest. What will be good for consumers over the long term will be good for the banks. (Applause.)
Investing in things like education that give everybody a chance to succeed. A tax code that makes sure everybody pays their fair share. And laws that make sure everybody follows the rules. That’s what will transform our economy. That’s what will grow our middle class again. In the end, rebuilding this economy based on fair play, a fair shot, and a fair share will require all of us to see that we have a stake in each other’s success. And it will require all of us to take some responsibility.
It will require parents to get more involved in their children’s education. It will require students to study harder. (Applause.) It will require some workers to start studying all over again. It will require greater responsibility from homeowners not to take out mortgages they can’t afford. They need to remember that if something seems too good to be true, it probably is.
It will require those of us in public service to make government more efficient and more effective, more consumer-friendly, more responsive to people’s needs. That’s why we’re cutting programs that we don’t need to pay for those we do. (Applause.) That’s why we’ve made hundreds of regulatory reforms that will save businesses billions of dollars. That’s why we’re not just throwing money at education, we’re challenging schools to come up with the most innovative reforms and the best results.
And it will require American business leaders to understand that their obligations don’t just end with their shareholders. Andy Grove, the legendary former CEO of Intel, put it best. He said, “There is another obligation I feel personally, given that everything I’ve achieved in my career, and a lot of what Intel has achieved…were made possible by a climate of democracy, an economic climate and investment climate provided by the United States.”
This broader obligation can take many forms. At a time when the cost of hiring workers in China is rising rapidly, it should mean more CEOs deciding that it’s time to bring jobs back to the United States — (applause) — not just because it’s good for business, but because it’s good for the country that made their business and their personal success possible. (Applause.)
I think about the Big Three auto companies who, during recent negotiations, agreed to create more jobs and cars here in America, and then decided to give bonuses not just to their executives, but to all their employees, so that everyone was invested in the company’s success. (Applause.)
I think about a company based in Warroad, Minnesota. It’s called Marvin Windows and Doors. During the recession, Marvin’s competitors closed dozens of plants, let hundreds of workers go. But Marvin’s did not lay off a single one of their 4,000 or so employees — not one. In fact, they’ve only laid off workers once in over a hundred years. Mr. Marvin’s grandfather even kept his eight employees during the Great Depression.
Now, at Marvin’s when times get tough, the workers agree to give up some perks and some pay, and so do the owners. As one owner said, “You can’t grow if you’re cutting your lifeblood — and that’s the skills and experience your workforce delivers.” (Applause.) For the CEO of Marvin’s, it’s about the community. He said, “These are people we went to school with. We go to church with them. We see them in the same restaurants. Indeed, a lot of us have married local girls and boys. We could be anywhere, but we are in Warroad.”
That’s how America was built. That’s why we’re the greatest nation on Earth. That’s what our greatest companies understand. Our success has never just been about survival of the fittest. It’s about building a nation where we’re all better off. We pull together. We pitch in. We do our part. We believe that hard work will pay off, that responsibility will be rewarded, and that our children will inherit a nation where those values live on. (Applause.)
And it is that belief that rallied thousands of Americans to Osawatomie — (applause) — maybe even some of your ancestors — on a rain-soaked day more than a century ago. By train, by wagon, on buggy, bicycle, on foot, they came to hear the vision of a man who loved this country and was determined to perfect it.
“We are all Americans,” Teddy Roosevelt told them that day. “Our common interests are as broad as the continent.” In the final years of his life, Roosevelt took that same message all across this country, from tiny Osawatomie to the heart of New York City, believing that no matter where he went, no matter who he was talking to, everybody would benefit from a country in which everyone gets a fair chance. (Applause.)
And well into our third century as a nation, we have grown and we’ve changed in many ways since Roosevelt’s time. The world is faster and the playing field is larger and the challenges are more complex. But what hasn’t changed — what can never change — are the values that got us this far. We still have a stake in each other’s success. We still believe that this should be a place where you can make it if you try. And we still believe, in the words of the man who called for a New Nationalism all those years ago, “The fundamental rule of our national life,” he said, “the rule which underlies all others — is that, on the whole, and in the long run, we shall go up or down together.” And I believe America is on the way up. (Applause.)
Thank you. God bless you. God bless the United States of America. (Applause.)
L’évènement repris par le Monde du 7 Décembre :
Barack Obama repart à l'assaut des classes moyennes
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 07.12.11 | 10h12 • Mis à jour le 07.12.11 | 10h18
Sans y prendre garde, Barack Obama s'est rangé au côté des indignés. Le président américain a prononcé, mardi 6 décembre, un discours à Osawatomie (Kansas), là même où son prédécesseur Theodore Roosevelt s'en était pris, il y a près d'un siècle, aux industries monopolistiques. M. Obama multiplie depuis quelques mois ses déplacements sur le terrain alors que les républicains vont entamer dans un mois les consultations électorales qui vont leur permettre de désigner celui qui affrontera le président sortant lors de la présidentielle du 6 novembre 2012.
CONTRE WALL STREET
"Trop souvent, nous avons vu les firmes de Wall Street violer les lois parce que les peines sont trop légères et que la récidive n'y change rien. C'est terminé ! a-t-il lancé. Ceux qui sont tout en haut se sont enrichis comme jamais grâce à leurs revenus et à leurs investissements. Mais tous les autres luttent avec des dépenses qui ont augmenté alors que la fiche de paye, elle, n'a pas bougé. Ce genre d'inégalités croissantes fait mentir la promesse qui est au cœur même de l'Amérique, à savoir que c'est l'endroit où quand on veut, on peut", a martelé le président.
M. Obama a estimé que le combat des classes moyennes pour préserver leur niveau de vie constituait la "grande inquiétude de notre temps". Il s'est, en outre, engagé à réformer la législation financière pour sanctionner plus durement les auteurs de malversations, mais son message était avant tout adressé aux Américains ordinaires, auxquels il a promis une redistribution équitable des richesses.
Barack Obama réclame depuis plusieurs semaines à ses adversaires républicains en position de force au Congrès d'accepter une prorogation des allègements de contributions sociales expirant à la fin du mois pour la classe moyenne. Barack Obama s'en est pris aux républicains, lesquels se sont opposés à son projet d'augmenter les impôts des plus riches pour financer la lutte pour l'emploi aux Etats-Unis.
En ce moment, a-t-il dit, se décide "l'avenir des classes moyennes et de tous ceux qui se battent pour intégrer les classes moyennes". "Ce qui est en jeu, c'est la question de savoir si les Etats-Unis sont un pays où les gens peuvent gagnersuffisamment d'argent pour élever leur famille, mettre un peu d'argent de côté,devenir propriétaire et s'assurer une retraite", a-t-il souligné.
STRATÉGIE DE RUPTURE
Ce discours marque une rupture dans la stratégie du président, qui s'attachait jusqu'alors à des points précis de la confrontation avec le camp conservateur.Barack Obama s'est particulièrement attaché à creuser cette veine, qui, selon ses conseillers, trouve un écho de plus en plus grand auprès des contribuables qui alimentent les plans de sauvetage des banques, comme en témoigne la vigueur du mouvement Occupy Wall Street.
En dénonçant plus durement les abus de la haute finance, il risque toutefois de se couper d'une partie de l'électorat centriste dont les voix seront indispensables à sa réélection. Après la défaite démocrate aux élections de mi-mandat, Barack Obama avait, au contraire, tendu la main au monde des affaires.
L’évènement repris par La Tribune du 7 décembre
En campagne, Barack Obama relance la « guerre des classes »
Le président américain a délivré mardi un discours populiste, s'affichant comme le défenseur de la classe moyenne. Il prépare le terrain pour sa réélection.
L'endroit n'a pas été choisi au hasard. À Osawatomie, une toute petite ville du Kansas, en plein cœur de l'Amérique profonde, ici même où Theodore Roosevelt avait plaidé il y a 101 ans pour plus de justice sociale, Barack Obama a délivré mardi un discours qui fera certainement date dans sa présidence. Un discours virulent, souvent populiste, nouvelle illustration de la "guerre des classes" que ses adversaires républicains l'accusent d'alimenter.
"Nous sommes à un moment charnière pour la classe moyenne, a-t-il lancé. Ce qui est en jeu, c'est de savoir si, dans ce pays, des gens qui travaillent peuvent gagner suffisamment pour élever leurs enfants, mettre un peu de côté, posséder une maison et assurer leur retraite". Avant de s'attaquer aux républicains, dont la "philosophie est simple : nous sommes meilleurs quand chacun est livré à lui-même et suit ses propres règles". Et aussi aux firmes de Wall Street, qui ont "violé trop souvent les lois en raison de sanctions trop légères".
Faut-il voir dans ces propos l'expression d'une exaspération exacerbée par les blocages permanents au Congrès ou la volonté de - déjà - préparer le terrain pour sa réélection ? Certainement, un peu des deux. Car Barack Obama n'en finit plus de réclamer aux élus démocrates et républicains de prolonger les allégements de charges sociales, qui doivent expirer à la fin de l'année. Selon les économistes, un échec pourrait amputer la croissance américaine de 0,5 à 1,5 point en 2012. Et plus d'un demi-million d'emplois seraient menacés.
Pour financer cette mesure, les sénateurs démocrates proposent d'instaurer une surtaxe de 1,9 % sur les millionnaires (contre 3,25 % dans leur première proposition rejetée la semaine dernière). Mais ils se heurtent toujours à l'intransigeance de leurs homologue républicains, idéologiquement opposés à toute hausse de la fiscalité. "Allez-vous réduire les impôts de la classe moyenne ou allez-vous protéger les cadeaux fiscaux des millionnaires et des milliardaires ?", leur avait lancé la semaine dernière Barack Obama. "Si le Congrès n'agit pas, une famille de la classe moyenne verra ses impôts augmenter de 1.000 dollars au plus mauvais moment possible".
Le discours de Barack Obama doit également être interprété sous le prisme de l'élection présidentielle de novembre 2012. Même s'il s'en défend, l'ancien sénateur de l'Illinois est déjà en campagne. Et il a bien conscience de la déception qu'ont suscitée les trois premières années de son mandat. Il lui faut donc remobiliser son électorat et s'afficher comme le défenseur de la classe moyenne, de cette Amérique qui souffre quand les républicains cherchent eux à préserver les intérêts d'une élite.
Le président américain ne manque pas de souligner que son plan de relance de l'emploi, présenté début septembre devant le Congrès, a été tué dans l'oeuf par ses adversaires, qui avaient refusé de le financer en demandant aux plus riches de payer leur "juste part". Un moyen de rejeter en partie sur eux la responsabilité de la persistance du chômage. "Barack Obama ne me rappelle pas Teddy Roosevelt mais Jimmy Carter", juge le républicain Tim Pawlenty. En 1980, le président sortant démocrate avait été sèchement battu par Ronald Reagan. Le taux de chômage n'était alors "que" de 7,5 %. Il est aujourd'hui de 8,6 %.
Jérôme Marin, à New York - 07/12/2011, 22:38
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05.11.2011
King Africa - La Bomba
Wikio Mots clés : King Africa, La Bomba
Paroles et traduction de La Bomba
La Bomba (La Bombe)
La bomba (sensual)
La bombe (sensuelle)
Un movimiento sensual (sensual)
Un mouvement sensuel (sensuel)
Un movimiento muy sexy (sexy)
Un mouvement très sexy (sexy)
Un movimiento muy sexy (sexy)
Un mouvement très sexy (sexy)
Y aquí viene el africano con el baile que es una (bomba)
Et voila l'africain qui s'ammène avec cette danse qui est une (bombe)
Para bailar esto es una (bomba)
Pour danser ça c'est de la (bombe)
Para gozar esto es una (bomba)
Pour s'amuser ça c'est de la (bombe)
Para menear esto es una (bomba)
Pour bouger ça c'est de la (bombe)
[Coro 1]
[Refrain 1]
Y las mujeres lo bailan así, así, así, así
Et les femmes le dansent comme ça, comme ça, comme ça, comme ça
Todo el mundo
Tout le monde
Una mano en la cabeza
Une main sur la tête
Una mano en la cabeza
Une main sur la tête
Un movimiento sexy
Un mouvement sexy
Un movimiento sexy
Un mouvement sexy
Una mano en la cintura
Une main à la ceinture
Una mano en la cintura
Une main à la ceinture
Un movimiento sexy
Un mouvement sexy
Un movimiento sexy
Un mouvement sexy
[Coro 2]
[Refrain 2]
Y ahora empiezo a menear
Et maintenant je commence à bouger
Suavecito para abajo, para abajo, para abajo
Doucement vers le bas, le bas, le bas
Suavecito para arriba, para arriba, para arriba
Doucement vers le haut, le haut, le haut
Suavecito para abajo, para abajo, para abajo
Doucement vers le bas, le bas, le bas
Suavecito para arriba, para arriba, para arriba
Doucement vers le haut, le haut, le haut
Bomba (sensual)
Bombe (sensuelle)
Un movimiento sensual (sensual)
Un mouvement sensuel (sensuel)
Un movimiento muy sexy (sexy)
Un mouvement très sexy (sexy)
Un movimiento muy sexy (sexy)
Un mouvement très sexy (sexy)
Y aquí viene el africano con el baile que es una (bomba)
Et voila l'africain qui s'ammène avec la danse qui est une (bombe)
Para bailar esto es una (bomba)
Pour danser c'est une (bombe)
Para gozar esto es una (bomba)
Pour s'amuser c'est une (bombe)
Todas las mujeres lo bailan (bomba)
Toutes les femmes le dansent (bombe)
Todas los hombres lo bailan (bomba)
Tous les hommes le dansent (bombe)
Todas las radios lo ponen (bomba)
Toutes les radios la mettent (bombe)
Las discotecas lo ponen (bomba)
Toutes les discothèques la mettent (bombe)
Toda la gente lo baila (bomba)
Tous les gens la dansent (bombe)
[Coro 1]
[Refrain 1]
[Coro 2]
[Refrain 2]
Sexy, mami (sensual)
Sexy, beauté (sensuel)
Un movimiento sensual (sensual)
Un mouvement sensuel (sensuel)
Un movimiento muy sexy (sexy)
Un mouvement très sexy (sexy)
Un movimiento muy sexy (sexy)
Un mouvement très sexy (sexy)
Y aquí viene el africano con el baile que es una (bomba)
Et voila l'africain qui s'ammène avec la danse qui est une bombe
Para bailar esto es una (bomba)
Pour danser ça c'est une (bombe)
Para gozar esto es una (bomba)
Pour s'amuser ça c'est une (bombe)
Todas las mujeres lo bailan (bomba)
Toutes les femmes la dansent (bombe)
Todas los hombres lo bailan (bomba)
Tous les hommes la dansent (bombe)
Todas las radios lo ponen (bomba)
Toutes les radios la mettent (bombe)
Las discotecas lo ponen (bomba)
Toutes les discothèques la mettent (bombe)
Toda la gente lo baila (bomba)
Tous les gens la dansent (bomba)
Pero este cuento se acaba, acaba, acaba
Mais cette histoire se finit, finit, finit
Acaba, acaba, acábalo
Finit, finit, finit-la
Y acaba, acaba, acaba, acaba, acábalo
Et finit, finit, finit, finit, finit-la
Y acaba, acaba, acaba, acaba, acábalo
Et finit, finit, finit, finit, finit-la
Y acaba, acaba, acaba, acaba, acábalo
Et finit, finit, finit, finit, finit-la
22:09 Publié dans Chanson, Danse, Musique, Vidéo | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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01.11.2011
Comment débattre des nouvelles technologies ?
Surement pas de la façon dont on nous a toujours parlé du Nucléaire.
Surement pas au mépris de la Nature et de ce qui ne se marchande pas !
Quant aux principes, il n’y en a qu’un qui prime “le principe de viabilité”
que je résumerai en ceci :“Dans quelles limites précises ce que nous décidons est viable, pour nous et nos écosystèmes, jusqu’à quel horizon, quel est le prix à payer, par qui, et pour quoi ? - Comment donc privilégier le développement de nos connaissances jusqu’à des niveaux suffisamment fins, et ne pas continuer comme aujourd’hui, à appliquer des connaissances sommaires et mal dégrossies, ou à fabriquer dans nos écoles, nos universités, et nos entreprises des apprentis sorciers dépourvus de tout humanisme voire même humanité comme les barbares qui ont servi le NAZISME. Et donc aussi, comment remettre au service de l’homme, les méthodes qualités qui sont devenus une tarte à la crème qu’on vous jette à la figure pour éviter de parler des contingences réelles ? Regardons le maître incontesté des méthodes “Qualité” copiées par tout le monde occidental, Le JAPON, et son FUKUSHIMA !”.
Le pari est pris que ce Colloque n’ira guère au delà d’une bonne publicité pour Pierre Rosanvallon.
Colloque organisé sur cette question par le Premier Ministre et le Centre d’Analyse stratégique.
Depuis la Révolution française, notre société est confrontée à la perpétuelle redéfinition des relations entre la souveraineté du peuple et le pouvoir du gouvernement représentatif.
Certes, l’essence même de notre démocratie réside dans le vote électoral : il n’en reste pas moins vrai que, comme le montre Pierre Rosanvallon, « une "souveraineté plus active et plus complexe" peut conduire à un gouvernement plus fidèle et plus attentif à la volonté générale, sans nier pour autant la formidable ambigüité qui s’attache à ce dernier terme ».Dans une société que certains disent de plus en plus désenchantée par le politique, mais qui sait se mobiliser lorsqu’elle trouve de l’intérêt aux enjeux qui lui sont soumis, comment notre société peut-elle débattre du développement des technologies et des innovations émergentes, afin d’aboutir à leur développement responsable ? Quels principes doivent nous guider dans l’organisation des concertations correspondantes ?
Quelques références sur le concept de Viabilité en sciences et son étendue :
Jean-Pierre Aubin 1991. Viability Theory
La viabilité
Population Viability Analysis
Evolution of Coalition Structures under Uncertainty
14:58 Publié dans Conférence, Technologies | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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15.10.2011
FNE : Concertation et Receuil de l’avis du public
La démocratie participative est embastillé par des textes règlementaires opaques qui permettent tout et rien. Et en général “le rien perce” comme dit Valéry, surtout quand on brandit le spectre d’une idéologie.
Mais ça avance ! France Nature Environnement a obtenu du Conseil constitutionnel par une décision rendue aujourd’hui, “qu’une simple information du public ne pouvait pas équivaloir à une participation de ce même public à l’élaboration des décisions ayant un impact sur l’environnement. Il s’agit de la première décision remarquable du Conseil constitutionnel relative à la Charte de l’environnement. Cette décision devrait mettre fin à la pseudo-concertation qui accompagne un grand nombre de décisions publiques”
Lire :
http://www.fne.asso.fr/fr/communique_de_presse/copy_press...
Lire l'arrêté :
http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutio...l
01:29 Publié dans Société et Justice | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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09.10.2011
Hommage à la mémoire de Lucien Jerphagnon
Pour la France, l’année 2011 est une année de grands départs …
- Jacqueline de Romilly, académicienne, spécialiste de la civilisation et de la langue grecques
- Christiane Desroches-Noblecourt, première femme égyptologue
- Lucien Jerphagnon, décédé ce 16 septembre 2011.
Retrouvons-le dans cet interview paru en novembre 2010 dans "Philosophie Magazine", suivi d’une courte bibliographie.
Philosophie Magazine - « Je suis un agnostique mystique »
Lucien Jerphagnon se définit comme un « aventurier, un détective » de la pensée antique et médiévale. Enfant, il a fait l'expérience de l'absolu. Depuis, il se sent habité… et toujours en quête. Passionné par l'histoire de la philosophie, ce disciple de Jankélévitch entend la rendre accessible, avec humour si possible.
Propos recueillis par Nicolas Truong / Photos Frédéric Poletti
Il parle de Platon, Plotin ou saint Augustin comme un conteur qui serait des leurs. « Barbouze » de la pensée antique, comme il le dit lui-même, Lucien Jerphagnon sait rendre accessible la plus érudite des sommes théologiques.
Et avec lui, comme à l'époque du Jardin ou du Portique, les dieux ne sont jamais loin. Entre Pierre Dac et Maître Eckhart, l'humour affleure toujours derrière une profondeur.
Professeur émérite des Universités, membre de l'Académie d'Athènes, lauréat de l'Académie française et de l'Académie des sciences morales et politiques, il est un spécialiste incontesté de la pensée grecque et romaine, admiré aussi bien par Michel Onfray que par Luc Ferry. Sans doute en raison de son gai savoir mêlé à son insatiable quête de spiritualité.
Après la Seconde Guerre mondiale, la mode était au marxisme, à l'existentialisme, au structuralisme ou au personnalisme. Mais, plutôt que de rejoindre un nouvel « -isme » ou d'inventer le sien, Lucien Jerphagnon, tel saint Augustin - devant les textes de Plotin, tomba sur les écrits de Vladimir Jankélévitch. Le choc fut immense. Dans un style haletant, celui que ses étudiants appelaient « Janké » attaquait « l'éclat des certitudes inoxydables ».
Lucien Jerphagnon ne cesse depuis de se tenir à distance des« penseurs sachant penser », avec leurs systèmes impérieux et leur prétention à dire le Vrai, pour se consacrer à l'histoire de la pensée.
L'absolu, il en a fait l'expérience à l'âge de 4 ans, lors d'un « Pompéi métaphysique » qui lui fit entrevoir l'étrangeté du monde, la présence du divin et la conviction de ne pouvoir rien en conclure de certain. Rencontre avec un joyeux promeneur érudit.
Philosophie magazine : Comment définiriez-vous votre façon singulière de pratiquer la philosophie ?
Lucien Jerphagnon : Je suis à la fois historien et philosophe. D'un côté, je considérais dans ma jeunesse qu'un philosophe travaillant uniquement sur des concepts était trop éloigné de la quotidienneté. De l'autre, je me disais qu'un historien ne regardant que des batailles, des manuscrits et des traités s'enfermait dans un univers trop distant de l'aujourd'hui. J'ai donc préféré être un historien de la philosophie, c'est-à-dire m'offrir la liberté de respirer l'air du temps et de tous les temps, d'Homère à Jeanne d'Arc, comme dit le sous-titre de mon Histoire de la pensée. Car chaque philosophe ne nous est connu que par le truchement d'autres philosophes. C'est par exemple le platonicien Simplicius qui, au VIe siècle, disputait Aristote, parce qu'il avait mal compris Parménide. J'aime vivre à l'intérieur de ces mondes étrangers, suivre les transmissions de pensées, observer ce qu'elles produisent dans d'autres têtes en explorant l'espace-temps des bibliothèques. Je suis une sorte d'aventurier, de détective, de barbouze de la philosophie antique et médiévale.
Pourquoi ce choix de l'histoire de la philosophie et non pas celui de la création de concepts ?
Les « penseurs sachant penser » m'ont toujours donné l'impression d'être restés dans la caverne de Platon et de n'y avoir écrit que des graffitis. Georges Gusdorf [1912-2000] disait que le rêve de tout philosophe était de mettre fin à la philosophie, parce qu'il voulait dire le dernier mot sur le prétendu « fond » des choses. Ce qui m'intéresse, depuis l'âge de 4 ans, est de répondre à l'invraisemblable question qui ne m'a pas quitté depuis mon enfance, lorsque j'eus l'intuition de la contingence, la révélation de la présence. Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? Et puis : que fais-je ici ? Qui suis-je ? Je me tenais dans un bois et je me suis senti tout à coup gorgé d'une présence insolite. Ce fut une éruption philosophique, un Pompéi métaphysique. La philosophie naît de l'étonnement, de l'émerveillement. On le sait au moins depuis Platon et Aristote. Mais celui-ci se prolonge. Comme un amour qui tourne bien. Ainsi je ne me suis jamais habitué à ce qu'il y ait quelque chose plutôt que rien, comme dirait aussi Leibniz. Et je n'ai cessé d'interroger la présence des choses et de moi-même mal défini au milieu des éléments.
Avez-vous retrouvé ces mêmes illuminations dans l'histoire de la philosophie ?
Je n'ai cessé de rencontrer le témoignage de ceux qui ont fait la même expérience. Max Stirner [1806-1856] qui, dans L'Unique et sa propriété, dit : « Ich bin ein Ich » (« Je suis un moi »). Sartre qui, dans La Nausée, met dans la bouche de Roquentin : « Déjà les choses n'avaient pas l'air trop naturel. » Jacques Maritain [1882-1973], qui dans Sept Leçons sur l'être et les premiers principes de la raison spéculative, parle du « déferlement du monde ». Ou bien encore le beau mot de Bergson : « Je ne sais pas encore, mais je pressens que je vais avoir su. » Dès le premier abord, dès le premier étonnement métaphysique qui eut lieu dans ce bois, j'ai su que je ne saurais jamais. C'est pour cette raison qu'il n'y a pas et qu'il n'y aura pas de « jerphagnonisme ». Car je n'ai pas de réponse à cette question.
Quelques années après ce « Pompéi métaphysique », vous avez eu un coup de foudre pour le monde antique alors que vous rêviez sur une gravure lors d'un cours de mathématique… Votre parcours tient-il d'une forme de révélation ?
C'est en tout cas ce que dit la légende ! Je regardais en effet un vieux manuel, type Malet et Isaac. Et puis voici que je tombe sur une reproduction d'un dessin des ruines de Timgad, en Algérie, cette ville romaine qui portait à l'époque le nom de Thamugadi, fondée par l'empereur Trajan en 100 et dotée du statut de colonie, bâtie avec ses temples, ses colonnes, ses thermes, son forum et son grand théâtre… J'ai su que mon âme s'épanouirait là. Puis j'entendis une voix : « Jerphagnon, vous me ferez deux heures de colle ! » Pour quelles raisons m'y suis-je attaché ? Le monde antique m'apparut comme un monde de mots et de choses enchantées, de beauté, d'harmonie et d'énergie. L'esthétique et l'éthique y étaient intimement mêlées. L'exigence de droiture à laquelle les Anciens que je lisais cherchaient à accéder me fascinait. J'ai aimé d'amour ces gens-là. À Rome, je me disais : « Tu regardes le même ciel que regarda Marc-Aurèle ou l'apôtre Paul »…Étonnante histoire : les Romains, qui étaient des bouseux, comme on dirait aujourd'hui, se sont véritablement romanisés en s'hellénisant à l'aide d'un Empire qui fut plus démocratique que la République.
Reprenons une question empruntée à votre collègue et ami Paul Veyne : Grecs et Romains ont-ils cru à leurs mythes ?
Les Romains situaient leurs dieux au ciel, mais ils ne s'attendaient pas pour autant à les y voir ! Ce qui est passionnant chez eux, c'est le rapport perpétuel du philosophique et du mythique. Le mythe n'est jamais loin du raisonnement le plus rationnel. Les dieux ne sont jamais loin. Ils passaient du muthos au logos aussi facilement que nous changeons aujourd'hui de fréquence d'émission de radio. La pensée antique me paraît également rassurante pour ceux dont elle meublait l'intérieur. Elle est efficace, elle semble apporter quelque chose qui transforme l'individu. Regardez le thème de la conversion à la philosophie (conversio ad philosophiam), si présent dans l'Antiquité. Un homme tombe sur un livre, et cela change sa vie, comme le fit Augustin [354-430] lisant l'Hortensius de Cicéron à l'âge de 19 ans. Grâce à un auteur païen, Augustin devient hérétique. La pensée antique vise donc à l'efficacité éthique. Elle donne des recettes de bonheur, développe des attitudes, des pensées, favorise des dispositions qui mènent à la vie heureuse. Combien de De beata vita ont-elles été écrites ? Imaginerait-on aujourd'hui un monarque ou un président écrire, comme Marc-Aurèle, des Pensées pour moi-même ?
Comment s'est effectuée votre propre conversion philosophique ? Quels sont les livres qui ont changé votre façon d'appréhender le monde ?
La découverte de ma vie, ce fut Plotin [205-270], penseur né en Égypte qui, après avoir été découragé par la philosophie, rencontra le maître de vie spirituelle Ammonios Sakkas et eut, lui aussi, la révélation de la vraie philosophie. Selon la Vie qu'écrivit son disciple Porphyre (vers 234-310), Plotin est la manifestation du noûs divin [terme grec, le noûs désigne la partie la plus haute de l'âme]. Si le cosmos est un Tout immanent, la vie émane d'une transcendance, d'un noûs dont procède l'âme du monde. Cette unité, ce « un » est le principe de tout être, il est au-delà de l'Être, mais il ne ressemble pas à
« l'être suprême » des philosophes à venir. Car cette unité est une dualité, puisqu'elle se scinde en sujet et objet pour se penser. J'ai été également sensible à la volonté de Plotin d'être fidèle à Platon par-delà les âges, au point d'envisager d'édifier une ville où l'on suivrait ses principes, Platonopolis.
Dans l'Occident chrétien, une figure prédomine, c'est celle de saint Augustin dont vous avez édité les Œuvres complètes dans « La Bibliothèque de la Pléiade ». En quoi est-il, selon vous, un péda-gogue de dieu ?
Saint Augustin m'a toujours intéressé. Plus que la débauche, son péché est l'arrivisme, à l'image de ces jeunes énarques qui rêvent déjà d'argent, d'honneurs et de décorations. Ce jeune boursier veut arriver. Il veut être quelque chose, au lieu d'être quelqu'un. Il s'aperçoit, en lisant ces livres de Platon, de Plotin ou de Porphyre, que tout cela n'est que vanité. Sa philosophie est une philosophie de la présence. On découvre en effet que Dieu est présent dans l'esprit qui aspire à l'accueillir. Ce sera le thème du Maître intérieur. Saint Augustin a appris à tous les humains présents et à venir cette présence immanente et transcendante de Dieu (in tior, in timo meo), plus intime à mon intimité que je ne le suis moi-même.
La pensée grecque et romaine fait l'objet d'un consensus. Chacun y puise matière à sagesse, de Michel Foucault à Pierre Hadot. Mais la pensée médiévale apparaît toujours comme ténébreuse. En quoi reste-t-elle actuelle ?
Elle est le réveil après un coma intellectuel qui a duré trois siècles. Après la chute de Rome, en 476, l'Occident fut en proie aux invasions barbares. Et, à part Boèce [470-524], il ne resta plus rien de vivant dans la philosophie. Un long hiver de la pensée s'est abattu sur l'Occident. Le Moyen Âge apparaît comme une renaissance de la pensée. Le monde redevient enfin apte à se questionner.
Pourquoi notre monde est-il devenu chrétien ?
Parce que la présence même des chrétiens attestait qu'il y avait un lien possible entre ces gens et l'au-delà. Il semblait rayonner quelque chose d'au-delà de tout. Les anciens n'affectaient pas le concept « dieu » du même coefficient de transcendance que les chrétiens. Il fallait respecter les dieux, mais seulement comme des préfets de régions. Les païens ont trouvé un absolu de dialogue par ce dieu qui s'est fait homme.
Êtes-vous croyant ? Vous affirmez être un « agnostique mystique », qu'entendez-vous par là ?
Je suis axé sur une transcendance qui m'aide à vivre l'immanence. C'est une philosophie d'une bienheureuse espérance. Sallustius dit que « ceux qui se sont bien conduits passeront leur vie avec les dieux ». Même si ce n'est pas le cas, cela vaut le coup de vivre honnêtement. C'est le pari de Pascal. Et je le fais mien. D'autant que cette présence divine serait gâchée si je m'amusais à la définir. C'est un peu comme si je décorais un préfet de région du grade de capitaine des pompiers ! C'est vrai, je suis un agnostique mystique qui croit en quelque chose mais demeure conscient qu'il s'agit d'une croyance. Un agnostique mystique est un apophatique [du grec apophasis : négation, la démarche apophatique se propose de dire ce que Dieu n'est pas, car il est impossible de dire ce qu'il est] qui a compris qu'on ne peut parler de Dieu qu'en projetant sur lui des catégories humaines. Je crois en Dieu, mais je ne peux rien en dire de définitif. Or, hélas, nous faisons Dieu à notre image. Regardez-les, tous ces Torquemada d'hier… et tous ces imbéciles contemporains prêts à envoyer les hérétiques au feu. Je n'ai rien à prêcher. Avoir entrevu l'absolu à 4 ans m'a suffi.
Vous ne cessez d'osciller entre Pierre Dac et Plotin, Raymond Devos et saint Augustin… Est-ce parce qu'il faut prendre le rire au sérieux ou bien parce que rien n'est sérieux ?
Pour un auteur d'ouvrages de philosophie, le principal consiste à croire qu'il déboule tout droit de l'absolu. L'humour crée un décalage alors que le sérieux est pontifical. L'humour conjure la tentation de se prendre au sérieux et d'être pris au sérieux. Dans Le Nom de la Rose d'Umberto Eco, je me sens proche de Guillaume de Baskerville qui lance à Jorge : « Vous êtes le diable, la foi sans sourire, c'est-à-dire la vérité qui n'est jamais effleurée par le doute. » Je me moque d'une métaphysique effrayante par l'impression qu'elle donne d'être lourde. Je voudrais qu'elle soit accessible. Je souhaite que ceux qui me lisent aperçoivent une lumière, découvrent une espérance. Vladimir Jankélévitch [1903-1985] dont je fus l'un des assistants, ne cessait de le pratiquer. Quant on rit, on peut entrevoir. Autrement, on s'arrange pour voir.
Avez-vous conscience de fédérer aussi bien les idéalistes que les matérialistes, de séduire aussi bien Luc Ferry que Michel Onfray ?
C'est curieux, en effet. Michel Onfray a été un de mes étudiants à Caen, au moment où j'enseignais le livre II ou III du De Rerum natura de Lucrèce. J'avais repéré ce jeune homme très attentif et qui ne me quittait pas des yeux, excellent étudiant au demeurant. C'est bien la preuve que je n'engendre pas que des clones ! Ainsi lui ai-je peut-être permis d'être diamétralement opposé à ma vision du monde. D'ailleurs, je disais toujours à mes étudiants : « Ne vous avisez pas de répéter mon cours à l'examen. D'abord parce que je le connais mieux que vous. Ensuite parce que j'espère qu'il vous permettra de découvrir des choses que vous n'auriez pas sues sans lui afin qu'il vous aide à forger votre propre vision du monde. »
Sans certitude, sans système, mais non sans humour… Que cherchez-vous, Lucien Jerphagnon ?
Je cherche à me coucher moins idiot. J'ai horreur de ce qui est fixé, classé, définitif. Comme le dit mon complice Paul Veyne, les idées générales ne sont ni vraies, ni fausses, ni justes, ni injustes, mais creuses. Les penseurs sachant penser m'ennuient. Mais je cherche toujours l'émerveillement. Au milieu d'une franche rigolade, Pierre Dac dit en substance un mot d'une profondeur inouïe, surtout lorsqu'on la rapporte au sort fait aux Juifs pendant cette guerre que j'ai bien connue : « On prétend qu'il n'y a personne là-haut. Regardez les cieux, vous y verrez plein de petites étoiles jaunes… »Rien ne peut mieux résumer « ma » philosophie.
Pour aller plus loin
L'oeuvre de Lucien Jerphagnon
Histoire de la pensée, d'Homère à Jeanne d'Arc (Taillandier, 2009).
L'auteur conte vingt siècles de philosophie occidentale avec une aisance déconcertante et cet incomparable franc-parler (que les Grecs appelaientparrhésia) qui a fait le succès de ses longues années d'enseignement.
Saint Augustin, le pédagogue de Dieu (« Découvertes », Gallimard, 2002).
Articulant vulgarisation érudite et iconographie fournie, l'ouvrage raconte les années d'apprentissage de l'ambitieux jeune homme né dans l'Afrique romaine du IVe siècle jusqu'à sa vocation chrétienne, sans oublier le destin de la philosophie augustinienne.
À lire avant d'aborder l'édition des Œuvres dans la « Pléiade » que Lucien Jerphagnon a dirigée et commentée (Gallimard, 3 volumes, 1998-2002).
Julien dit l'Apostat (1986, Taillandier, 2008).
Une somptueuse biographie intime de l'empereur Julien (331/332-26 juin 363), nommé Julien l'Apostat par la tradition chrétienne. Loin de la réhabilitation apologétique, Lucien Jerphagnon le portraiture en« adolescent prolongé » et met au jour les intrigues de palais. Un « Roman de la rose » antique.
Les Dieux ne sont jamais loin (Desclée de Brouwer, 2003).
La pensée rationnelle n'a pas éradiqué la pensée mythique. Les deux univers n'ont cessé de coexister et l'auteur montre les entrelacs, les interpénétrations incessantes qui font la singularité de la pensée antique.
La Tentation du christianisme (avec Luc Ferry, Grasset, 2009).
Un passionnant dialogue sur la « révolution chrétienne » dans lequel Lucien Jerphagnon s'attache à montrer comment la religion était vécue au quotidien par les Romains afin de comprendre comment notre monde est devenu chrétien.
Lavdator Temporis Acti (« C'était mieux avant », Taillandier, 2007).
Désopilant recueil de citations sur le pessimisme générationnel, de Caton à Camus. À prescrire d'urgence aux apôtres du « tout-fout-le-camp ».
Entrevoir et vouloir. Vladimir Jankélévitch (La Transparence, 2008).
Un hommage à son maître de philosophie, une introduction à l'œuvre du philosophe de l'inachevé, du je-ne-sais-quoi et du presque-rien.
Sur Bibliothèques Médicis, interview de Christine Rancé (vers 8mn40) qui a travaillé ses 2 dernières années avec Lucien Jerphagnon (autre Interview vers 14mn08) et qui nous parle de son dernier livre d'entretiens paru chez Albin Michel : «De l'amour, de la mort, de Dieu et autres bagatelles».
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08.10.2011
En hommage à la mémoire de Steve Jobs – Son discours de 2005 à Stanford .
“Stay Hungry - Stay Foolish”
http://www.freerepublic.com/focus/chat/1422863/posts
Une belle traduction d’Anne DAMOUR publiée en 2005 sur le site lemagchallenges.nouvelobs.com, reprise ce 6/10/2011 ici http://www.challenges.fr/actualite/high-tech/20111006.CHA... :
« C’est un honneur de me trouver parmi vous aujourd’hui et d’assister à une remise de diplômes dans une des universités les plus prestigieuses du monde. Je n’ai jamais terminé mes études supérieures. A dire vrai, je n’ai même jamais été témoin d’une remise de diplômes dans une université. Je veux vous faire partager aujourd’hui trois expériences qui ont marqué ma carrière. C’est tout. Rien d’extraordinaire. Juste trois expériences.
« Pourquoi j’ai eu raison de laisser tomber l’université »
La première concerne les incidences imprévues. J’ai abandonné mes études au Reed Collège au bout de six mois, mais j’y suis resté auditeur libre pendant dix-huit mois avant de laisser tomber définitivement. Pourquoi n’ai-je pas poursuivi ?
Tout a commencé avant ma naissance. Ma mère biologique était une jeune étudiante célibataire, et elle avait choisi de me confier à des parents adoptifs. Elle tenait à me voir entrer dans une famille de diplômés universitaires, et tout avait été prévu pour que je sois adopté dès ma naissance par un avocat et son épouse. Sauf que, lorsque je fis mon apparition, ils décidèrent au dernier moment qu’ils préféraient avoir une fille. Mes parents, qui étaient sur une liste d’attente, reçurent un coup de téléphone au milieu de la nuit : « Nous avons un petit garçon qui n’était pas prévu. Le voulez-vous ? » Ils répondirent : « Bien sûr. » Ma mère biologique découvrit alors que ma mère adoptive n’avait jamais eu le moindre diplôme universitaire, et que mon père n’avait jamais terminé ses études secondaires. Elle refusa de signer les documents définitifs d’adoption et ne s’y résolut que quelques mois plus tard, quand mes parents lui promirent que j’irais à l’université.
Dix-sept ans plus tard, j’entrais donc à l’université. Mais j’avais naïvement choisi un établissement presque aussi cher que Stanford, et toutes les économies de mes parents servirent à payer mes frais de scolarité. Au bout de six mois, je n’en voyais toujours pas la justification. Je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire dans la vie et je n’imaginais pas comment l’université pouvait m’aider à trouver ma voie. J’étais là en train de dépenser tout cet argent que mes parents avaient épargné leur vie durant. Je décidai donc de laisser tomber. Une décision plutôt risquée, mais rétrospectivement c’est un des meilleurs choix que j’aie jamais faits. Dès le moment où je renonçais, j’abandonnais les matières obligatoires qui m’ennuyaient pour suivre les cours qui m’intéressaient.
Tout n’était pas rose. Je n’avais pas de chambre dans un foyer, je dormais à même le sol chez des amis. Je ramassais des bouteilles de Coca-Cola pour récupérer le dépôt de 5 cents et acheter de quoi manger, et tous les dimanches soir je faisais 10 kilomètres à pied pour traverser la ville et m’offrir un bon repas au temple de Hare Krishna. Un régal. Et ce que je découvris alors, guidé par ma curiosité et mon intuition, se révéla inestimable à l’avenir. Laissez-moi vous donner un exemple : le Reed Collège dispensait probablement alors le meilleur enseignement de la typographie de tout le pays. Dans le campus, chaque affiche, chaque étiquette sur chaque tiroir était parfaitement calligraphiée. Parce que je n’avais pas à suivre de cours obligatoires, je décidai de m’inscrire en classe de calligraphie. C’est ainsi que j’appris tout ce qui concernait l’empattement des caractères, les espaces entre les différents groupes de lettres, les détails qui font la beauté d’une typographie. C’était un art ancré dans le passé, une subtile esthétique qui échappait à la science. J’étais fasciné.
Rien de tout cela n’était censé avoir le moindre effet pratique dans ma vie. Pourtant, dix ans plus tard, alors que nous concevions le premier Macintosh, cet acquis me revint. Et nous l’incorporâmes dans le Mac. Ce fut le premier ordinateur doté d’une typographie élégante. Si je n’avais pas suivi ces cours à l’université, le Mac ne possèderait pas une telle variété de polices de caractères ni ces espacements proportionnels. Et comme Windows s’est borné à copier le Mac, il est probable qu’aucun ordinateur personnel n’en disposerait. Si je n’avais pas laissé tomber mes études à l’université, je n’aurais jamais appris la calligraphie, et les ordinateurs personnels n’auraient peut-être pas cette richesse de caractères. Naturellement, il était impossible de prévoir ces répercussions quand j’étais à l’université. Mais elles me sont apparues évidentes dix ans plus tard.
On ne peut prévoir l’incidence qu’auront certains évènements dans le futur ; c’est après coup seulement qu’apparaissent les liens. Vous pouvez seulement espérer qu’ils joueront un rôle dans votre avenir. L’essentiel est de croire en quelque chose – votre destin, votre vie, votre karma, peu importe. Cette attitude a toujours marché pour moi, et elle a régi ma vie.
« Pourquoi mon départ forcé d’Apple fut salutaire »
Ma deuxième histoire concerne la passion et l’échec. J’ai eu la chance d’aimer très tôt ce que je faisais. J’avais 20 ans lorsque Woz [Steve Wozniak, le co-fondateur d’Apple N.D.L.R.] et moi avons créé Apple dans le garage de mes parents. Nous avons ensuite travaillé dur et, dix ans plus tard, Apple était une société de plus de 4 000 employés dont le chiffre d’affaires atteignait 2 milliards de dollars. Nous venions de lancer un an plus tôt notre plus belle création, le Macintosh, et je venais d’avoir 30 ans.
C’est alors que je fus viré. Comment peut-on vous virer d’une société que vous avez créée ? C’est bien simple, Apple ayant pris de l’importance, nous avons engagé quelqu’un qui me semblait avoir les compétences nécessaires pour diriger l’entreprise à mes côtés et, pendant la première année, tout se passa bien. Puis nos visions ont divergé, et nous nous sommes brouillés. Le conseil d’administration s’est rangé de son côté. C’est ainsi qu’à 30 ans je me suis retrouvé sur le pavé. Viré avec perte et fracas. La raison d’être de ma vie n’existait plus. J’étais en miettes.
Je restais plusieurs mois sans savoir quoi faire. J’avais l’impression d’avoir trahi la génération qui m’avait précédé – d’avoir laissé tomber le témoin au moment où on me le passait. C’était un échec public, et je songeais même à fuir la Silicon Valley. Puis j’ai peu à peu compris une chose – j’aimais toujours ce que je faisais. Ce qui m’était arrivé chez Apple n’y changeait rien. J’avais été éconduit, mais j’étais toujours amoureux. J’ai alors décidé de repartir de zéro.
Je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite, mais mon départ forcé d’Apple fut salutaire. Le poids du succès fit place à la légèreté du débutant, à une vision moins assurée des choses. Une liberté grâce à laquelle je connus l’une des périodes les plus créatives de ma vie.
Pendant les cinq années qui suivirent, j’ai créé une société appelée NeXT et une autre appelée Pixar, et je suis tombé amoureux d’une femme exceptionnelle qui est devenue mon épouse. Pixar, qui allait bientôt produire le premier film d’animation en trois dimensions, Toy Story , est aujourd’hui la première entreprise mondiale utilisant cette technique. Par un remarquable concours de circonstances, Apple a acheté NeXT, je suis retourné chez Apple, et la technologie que nous avions développée chez NeXT est aujourd’hui la clé de la renaissance d’Apple. Et Laurene et moi avons fondé une famille merveilleuse.
Tout cela ne serait pas arrivé si je n’avais pas été viré d’Apple. La potion fut horriblement amère, mais je suppose que le patient en avait besoin. Parfois, la vie vous flanque un bon coup sur la tête. Ne vous laissez pas abattre. Je suis convaincu que c’est mon amour pour ce que je faisais qui m’a permis de continuer. Il faut savoir découvrir ce que l’on aime et qui l’on aime. Le travail occupe une grande partie de l’existence, et la seule manière d’être pleinement satisfait est d’apprécier ce que l’on fait. Sinon, continuez à chercher. Ne baissez pas les bras. C’est comme en amour, vous saurez quand vous aurez trouvé. Et toute relation réussie s’améliore avec le temps. Alors, continuez à chercher jusqu’à ce que vous trouviez.
« Pourquoi la mort est la meilleure chose de la vie »
Ma troisième histoire concerne la mort. A l’âge de 17 ans, j’ai lu une citation qui disait à peu près ceci :
« Si vous vivez chaque jour comme s’il était le dernier, vous finirez un jour par avoir raison. » Elle m’est restée en mémoire et, depuis, pendant les trente-trois années écoulées, je me suis regardé dans la glace le matin en me disant : « Si aujourd’hui était le dernier jour de ma vie, est-ce que j’aimerais faire ce que je vais faire tout à l’heure ? » Et si la réponse est non pendant plusieurs jours à la file, je sais que j’ai besoin de changement.
Avoir en tête que je peux mourir bientôt est ce que j’ai découvert de plus efficace pour m’aider à prendre des décisions importantes. Parce que presque tout – tout ce que l’on attend de l’extérieur, nos vanités et nos fiertés, nos peurs de l’échec – s’efface devant la mort, ne laissant que l’essentiel. Se souvenir que la mort viendra un jour est la meilleure façon d’éviter le piège qui consiste à croire que l’on a quelque chose à perdre. On est déjà nu. Il n’y a aucune raison de ne pas suivre son cœur.
Il y a un an environ, on découvrait que j’avais un cancer. A 7 heures du matin, le scanner montrait que j’étais atteint d’une tumeur au pancréas. Je ne savais même pas ce qu’était le pancréas. Les médecins m’annoncèrent que c’était un cancer probablement incurable, et que j’en avais au maximum pour six mois. Mon docteur me conseilla de rentrer chez moi et de mettre mes affaires en ordre, ce qui signifie : « Préparez-vous à mourir. » Ce qui signifie dire à ses enfants en quelques mois tout ce que vous pensiez leur dire pendant les dix prochaines années. Ce qui signifie essayer de faciliter les choses pour votre famille. En bref, faire vos adieux.
J’ai vécu avec ce diagnostic pendant toute la journée. Plus tard dans la soirée, on m’a fait une biopsie, introduit un endoscope dans le pancréas en passant par l’estomac et l’intestin. J’étais inconscient, mais ma femme, qui était présente, m’a raconté qu’en examinant le prélèvement au microscope, les médecins se sont mis à pleurer, car j’avais une forme très rare de cancer du pancréas, guérissable par la chirurgie. On m’a opéré et je vais bien.
Ce fut mon seul contact avec la mort, et j’espère qu’il le restera pendant encore quelques dizaines d’années. Après cette expérience, je peux vous le dire avec plus de certitude que lorsque la mort n’était pour moi qu’un concept purement intellectuel : personne ne désire mourir. Même ceux qui veulent aller au ciel n’ont pas envie de mourir pour y parvenir. Pourtant, la mort est un destin que nous partageons tous. Personne n’y a jamais échappé. Et c’est bien ainsi, car la mort est probablement ce que la vie a inventé de mieux. C’est le facteur de changement de la vie. Elle nous débarrasse de l’ancien pour faire place au neuf. En ce moment, vous représentez ce qui est neuf, mais un jour vous deviendrez progressivement l’ancien, et vous laisserez la place aux autres. Désolé d’être aussi dramatique, mais c’est la vérité.
Votre temps est limité, ne le gâchez pas en menant une existence qui n’est pas la vôtre. Ne soyez pas prisonnier des dogmes qui obligent à vivre en obéissant à la pensée d’autrui. Ne laissez pas le brouhaha extérieur étouffer votre voix intérieure. Ayez le courage de suivre votre cœur et votre intuition. L’un et l’autre savent ce que vous voulez réellement devenir. Le reste est secondaire.
Dans ma jeunesse, il existait une extraordinaire publication The Whole Earth Catalog , l’une des bibles de ma génération. Elle avait été fondée par un certain Stewart Brand, non loin d’ici, à Menlo Park, et il l’avait marquée de sa veine poétique. C’était à la fin des années 1960, avant les ordinateurs et l’édition électronique, et elle était réalisée entièrement avec des machines à écrire, des paires de ciseaux et des appareils Polaroid. C’était une sorte de Google en livre de poche, trente-cinq ans avant la création de Google. Un ouvrage idéaliste, débordant de recettes formidables et d’idées épatantes.
Stewart et son équipe ont publié plusieurs fascicules de The Whole Earth Catalog . Quand ils eurent épuisé la formule, ils sortirent un dernier numéro. C’était au milieu des années 1970, et j’avais votre âge. La quatrième de couverture montrait la photo d’une route de campagne prise au petit matin, le genre de route sur laquelle vous pourriez faire de l’auto-stop si vous avez l’esprit d’aventure. Dessous, on lisait :
« Soyez insatiables. Soyez fous. » C’était leur message d’adieu. Soyez insatiables. Soyez fous. C’est le vœu que j’ai toujours formé pour moi. Et aujourd’hui, au moment où vous recevez votre diplôme qui marque le début d’une nouvelle vie, c’est ce que je vous souhaite.
Soyez insatiables. Soyez fous.
Merci à tous.»
MIDI LIBRE
Extrait de l'article du 6/10/2011 Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Apple sans jamais le demander
Le succès des "i"
Apple aurait vendu plus de 275 millions d'iPods, 100 millions d’iPhone.
Et d'après Apple, il se vendrait un iPad toutes les 3 secondes depuis son lancement.
Le 22 juin 2010, soit 80 jours après son lancement aux États-Unis, Apple annonçait avoir vendu 3 millions d'appareils.
Lors de la Keynote du 2 mars 2011, Apple affirme qu'en 9 mois (période avril-décembre) la société aurait vendu plus de 15 millions de tablettes.
Lors de l'annonce de ses résultats du second trimestre 2011, Apple a indiqué avoir vendu 9,25 millions d'Ipad contre 4,64 millions d'exemplaires au premier trimestre 2011.
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26.09.2011
C. Jerôme–Kiss me.
http://www.youtube.com/watch?v=mR_CxYlL3FE&feature=pl...
Kiss me, as you love me, prends un coca et assieds-toi
Kiss me, as you love me, ferme les yeux écoute-moi
Ce soir, si tu le veux, dans un grand lit nous serons mieux
J'aimerais te retenir mais en anglais comment le dire
Il y avait un drapeau américain
Sur son sac déchiré
Un blue-jean qui ne valait plus rien
Mais je crois que je l'aimais bien
Kiss me, as you love me, ta cigarette m'énerve un peu
Kiss me, as you love me, tu sais la vie n'est pas un jeu
Demain, au petit jour, nous resterons pour faire l'amour
Un collier rouge et bleu sur ses seins nus
Un foulard en bannière
On voyait un anneau sur ses pieds nus
Prêt à faire le tour de la terre
Kiss me, as you love me, ne t'en vas pas, souris un peu
Kiss me, as you love me, dis-moi good bye mais pas adieu
Il y avait un drapeau américain
Sur son sac déchiré
Un blue-jean qui ne valait plus rien
Mais je crois que je l'aimais bien
Un collier rouge et bleu sur ses seins nus
Un foulard en bannière
On voyait un anneau sur ses pieds nus ...
02:55 Publié dans Chanson, Danse, Musique, Vidéo | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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20.09.2011
Hollywood, à l’occasion des 40 ans du premier Album de Maxime Le Forestier
http://television.telerama.fr/tele/programmes-tv/maxime-l... (rediffusion le 27/09 à 3h05 sur Fr3)
Une histoire plus improbable que celle de DSK, des rimes absolument géniales, une musique entrainante, de parfaites harmonies vocales.
Le grand David McNeil est ici accompagné par Alain Souchon, Renaud, Laurent Voulzy, Maxime Le Forestier, Robert Charlebois et Julien Clerc. Régalez-vous!
http://www.youtube.com/watch?v=njWJ3Y0eOmE
HOLLYWOOD
Auteur : David Mac Neil, Interprètes : Yves Montand (France), mais aussi Julien Clerc; David McNeil et toute la clique de l’enregistrement ci-dessus.
Ma mère dansait dans les bars
Imitant Jean Harlow
Mon père lançait des poignards
Au cirque à Buffalo
Puis un jour on m’a dit "go west"
Alors j’ai pédalé
De New-York à Los Angeles
Sur un vélo volé
Alors j’ai usé des coudes
A frotter les comptoirs
Avec une étoile d'Hollywood
Qui perdait la mémoireLe long de Sunset Boulevard
![]()
Bras dessus, bras dessous
On perdait ses derniers dollars
Dans les machines à sous
Un jour Benjamin Shankar
Le cousin ou le frère
Du type qui joue du cithare
A la cour d'Angleterre
A gagné aux dés le droit
D’être un an, son amant
On est allé vivre à trois
Dans son appartement
Elle ramenait des voyageurs,
Des collégiens timides
Qui pouvaient faire deux dollars l'heure,
Quelques PolaroïdsElle nous mettait dans la cuisine
Pour ne pas qu’on regarde
En deux mois, on jouait tout Gershwin
Sur des verres à moutarde
On a fait du music hall
Déguisés en Hindou
Elle dansait en Baby Doll
Sur Rapsodie in blue
Elle a fini sous le capot
D'une Dodge ou Cadillac
J’ai ramassé son chapeau
Et l'autre a pris son sac
Puis il a continué
Sa vie d'Hindou errant
Moi, je suis retourné
Vivre chez mes parentsMa mère devenait trop laide
Pour jouer Jean Harlow
Mon père avait tué son aide
Au cirque à Buffalo…
Version Yves MONTAND en anglais :
02:12 Publié dans Chanson, Danse, Musique, Télérama, Vidéo | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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15.09.2011
Libé–Interview Gérard Winter– “A la recherche du développement” (humain)
A l'occasion de la sortie du livre de mémoires de Gérard WINTER, Libé du 13 septembre 2011 proposait l'article et l'interview de 2002 qui suivent.
GÉRARD WINTER, RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT DU SUD
http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2011/09/lautobio...
Comment le rejeton d’une famille tradi-catho, où la messe, l’entrée à Polytechnique et la carrière militaire sont la règle se vit un jour convoqué pour un interrogatoire inquisitoire par un ministre de la fonction publique le soupçonnant de trop grande proximité avec un militant du PCF. Et se demandant s’il fallait le virer de son poste de directeur adjoint de l’Institut international d’administration publique, aujourd’hui intégré à l’ENA.
Cette trajectoire fut celle de Gérard Winter, connu comme le loup blanc dans le monde de la recherche scientifique au service du développement du sud. Il en publie un récit autobiographique, complément utile et agréable à lire de son essai plus aride L’impatience des pauvres, paru aux PUF en 2002.
A cette occasion Libération publiait un entretien avec l’auteur où il définissait ainsi sa conception du développement:
« un parti pris en faveur de la lutte sociale et politique que mènent les plus démunis qui permettra l’avènement d’un développement plus solidaire. Et non l’imposition de modèles, venus d’en haut ou d’ailleurs, qui masquent mal les processus réels de concentration des bénéfices de la croissance, ou du moins leur contrôle, au profit des puissances dominantes.»
Bigre ! Subitement, on comprend la frousse du ministre. Tout l’intérêt du livre, dont la sincérité semble être la vertu cardinale, repose sur la description honnête d’une vie de «fonctionnaire au service d’une passion». Après l’X, la plupart de ses co-disciples s’envolaient vers les carrières à la recherche du pouvoir, de l’argent voire des deux. Galvanisé par la conférence d’un Père Jésuite sur le Tiers-Monde, Winter (photo à droite) se fait embaucher à l’ORSTOM (Office de la recherche scientifique et technique outre mer, aujourd'hui IRD).
Première mission : étudier l’alimentation et les budgets des familles d’une région de l’Amadoua, au Cameroun. Choc de la brousse. Découverte de l’incapacité de l’outil statistique métropolitain à rendre compte des réalités africaines puisque l'unité de compte - "le ménage avec papa, maman et les enfants" - n'a rien à voir avec la manière dont les familles gèrent leurs ressources et leurs dépenses.
De ce choc, Gérard Winter gardera tout au long de son activité le goût du "terrain" et la volonté de refuser dogmes et discours incontatoires. Le regard qu'il porte sur l'Afrique est particulièrement intéressant. On sent qu'il a entretenu un dialogue exigeant et amical avec ses collègues engagés à gauche, qui lui reprochaient probablement son refus de reprendre la condamnation du système capitaliste. On aurait aimé que la courtoisie et la retenue de Gérard Winter ne lui ait pas interdit de nommer nombre des personnalités rencontrées et de dresser des "portraits" - tant pour les responsables politiques, les hauts-fonctionnaires que pour les scientifiques qu'il a croisés. On aurait aimé lire son analyse du bilan de la direction qu'il qualifie de "syndicale" mise à la tête de l'IRD en 1982 par la gauche (à droite le Directeur général 1982-2007 Alain Ruellan, un pédologue de renommée internationale, militant de l'éducation populaire - voir ici la présentation de son dernier livre sur les sols) victime d'une campagne de presse de droite et d'extrême droite l'accusant d'avoir transformé l'IRD en officine révolutionnaire.
Gérard Winter ne lâche sa plume que pour condamner en termes vifs le fameux et malheureux "discours de Dakar" en 2007 de Nicolas Sarkozy reprochant à "l'Homme africain" de «n'être pas assez entré dans l'histoire». Ou pour fustiger l'action d'une direction de l'IRD mise en place par la droite. A l'inverse, le bilan équilibré qu'il fait des "plans" de développement des Etats d'Afrique francophone des années 1960 et 1970 est passionnant car il repose sur une expérience directe de cet effort.
Gérard Winter déploie une vision très politique du développement et de l'aide que peuvent apporter les pays industrialisés, qu'il décline en trois priorités (tirée d'une présentation récente) :
► «D’abord s’attacher à mettre en lumière les inégalités de toute nature qui, quand elles sont cumulées et excessives, deviennent injustes et bloquent toute initiative en faveur du développement. Actuellement ces inégalités sont mises au secret. Elles restent pratiquement un non-dit politique. Car il ne suffit pas de faire connaître statistiquement leurs caractéristiques et leur ampleur, encore faut-il analyser leurs causes profondes et leurs effets explosifs à long terme. La lutte contre la pauvreté débouchera tôt ou tard sur la lutte contre les inégalités et pour plus de justice, comme l’annoncent déjà les révoltes dans les pays arabes et ailleurs.»
► «Deuxième priorité à visée politique : Dans notre monde piloté par les sciences et les technologies, l’inégalité originelle est celle du savoir. Elle ne peut être réduite que par des politiques publiques d’éducation, de recherche scientifiques et de promotion de la culture scientifique des citoyens. Mais il ne suffit pas de transférer le savoir, il faut partager la capacité à apprendre et à découvrir. C’est pourquoi, nous avons voulu promouvoir à l’ORSTOM/IRD la recherche scientifique en partenariat avec les pays africains. Nous avons voulu, en quelque sorte, décoloniser la politique scientifique de l’ORSTOM. Ceci par des recherches décidées et menées d’un commun accord, avec des moyens, des bases scientifiques, des publications partagées.»
► «Pour lutter contre les inégalités, ces savoirs et savoir-faire doivent être mis aussi à disposition des plus pauvres, des sans-voix. Il faut renforcer leurs capacités (on dit maintenant capabilités) à analyser, s’organiser, défendre leurs intérêts, négocier en connaissance de cause. Ce fut là l’objectif, et c’est toujours l’objectif, de l’INTER-RESEAUX DEVELOPPEMENT RURAL que j’ai présidé pendant ses 6 premières années à la fin des années 90 aux côtés de Denis Pesche, son Secrétaire Exécutif. Il s’agissait d’aider les paysans africains à se constituer en groupements villageois, coopératives, institutions de micro-finance, puis en organisations paysannes, réseaux, syndicats leur permettant de devenir des acteurs incontournables de leur propre développement.»
Le regard critique qu'il porte sur l'action des ONG - «les interventions humanitaires dans l’urgence apprennent qu’elles seront conduites à se prolonger et à se multiplier indéfiniment si ne sont pas mises en place les conditions d’un développement sécurisé» - s'inscrit dans cette vision, non pour les décourager ou les stigmatiser, mais pour en marquer les limites.
Pour les internautes intéressés par l'action de l'IRD, je recommande la lecture de son journal "Science au sud", disponible gratuitement et téléchargeable ici sur son site web.
___________________________________
Voici ci-dessous le texte de son interview, toujours d'actualité dans ses grandes lignes, même s'il faudrait actualiser les chiffres, parue dans Libération en 2002, à l'occasion de son livre "L'impatience des pauvres".
Pour une lecture plus aisée, les pdf des pages sont ici pour la première et ici pour la seconde.
- Vous plaidez pour une voie de développement hétérodoxe,par opposition à une orthodoxie faite d’économie pure,déconnectée de la politique,aux mains de technocrates. Comment caractériser cette voie?
D’abord ,parce qu’elle privilégie le local, le long terme,le sociopolitique, alors que la voie orthodoxe s’appuie d’abord sur le national, le court terme, l’économique.
Puis par ce renversement: c’est d’abord un parti pris en faveur de la lutte sociale et politique que mènent les plus démunis qui permettra l’avènement d’un développement plus solidaire. Et non l’imposition de modèles, venus d’en haut ou d’ailleurs, qui masquent mal les processus réels de concentration des bénéfices de la croissance, ou du moins leur contrôle, au profit des puissances dominantes.
Loin de «l’option pour les plus pauvres» qui commence à faire slogan dans les agences de coopération, il s’agit d’un nouvel équilibre entre les forces du marché, les acteurs sociaux et un Etat de droit garant de l’intérêt commun et de l’équité.
Un Etat organisant une démocratie continue, aux divers niveaux de la société, doté de capacités d’arbitrage mais favorisant l’auto-organisation paysanne, la promotion des très petites entreprises, les initiatives collectives et décentralisées visant à créer des espaces de prospérité partagée.
Cette vision exige de reconsidérer l’aide internationale. Elle doit viser la réussite à long terme des réformes agraires, la réduction des inégalités sociales, la construction d’un système éducatif et de recherche scientifique, un aménagement du territoire soucieux de la préservation des capacités physiques et biologiques de l’environnement naturel.
A ces conditions, elle peut se combiner efficacement avec des mesures de court terme (fiscalité, ouverture extérieure, etc.).
Utopie? Je répondrais que l’utopie fait voir, sous l’apparence des choses, l’avenir au travail.
- Vous affirmez que le développement n’est pas une question de ressources naturelles, ni même d’argent. Mais alors que faut-il pour se développer?
L’ex-Zaïre aux immenses richesses naturelles ou le mauvais emploi des pétrodollars recyclés de 1974 à 1980 illustrent cette affirmation.
A l’inverse, au Japon, sans ressources naturelles et dont le développement fut endogène, les ouvriers ont un niveau de formation équivalent à notre bac.
Pour se développer, il faut d’abord et toujours une éducation de base généralisée et adaptée. Dans la plupart des pays en développement, à base rurale, il faut aussi promouvoir une agriculture performante qui assure sécurité alimentaire, revenus, devises et demande de produits manufacturés, mais une agriculture paysanne dont les revenus ne soient pas outrageusement ponctionnés par l’Etat et les citadins.
Les pays asiatiques, et en particulier la Corée du Sud, ont fait la démonstration de ce principe. Enfin, aucun développement n’est durable sans un Etat de droit garantissant un minimum de justice et de sécurité des initiatives privées. Même s’il n’implique pas un modèle transféré des pays occidentaux.
Bien sûr, tout cela ne s’applique qu’aux pays atteignant un seuil minimum de densité de population, de ressources naturelles, d’accès aux grandes voies de communication.
Combien des 195 Etats du monde ne remplissent pas ces conditions? Les pays lilliputiens, désertiques ou enclavés doivent s’intégrer dans des ensembles économiques et finalement politiques plus vastes et plus diversifiés. Un chemin long et difficile si on ne veut pas y dissoudre son identité et toute autonomie.
- S’il fallait dégager une priorité absolue pour le développement des pays les plus pauvres, quelle serait-elle?
Une formation de base pour tous les enfants. Un système éducatif adapté, c’est l’appropriation d’une culture, un investissement en matière grise dont dépendent toutes les autres formes d’investissement, une ouverture sur l’extérieur et l’apprentissage de savoir-faire dont dépendent emplois et revenus.
Le Japon, la Malaisie ou le Botswana, par des voies différentes, ont su relever ce défi.
Entre un système élitiste et un système trop axé sur des formations professionnelles élémentaires, il y a des formules originales à inventer, conciliant l’utilité à court terme et l’ouverture sur l’enseignement supérieur et la recherche.
Il y faut une volonté politique et un consensus social forts, un enseignement en langue locale les premières années, des enseignants bien formés et correctement rémunérés, ce à quoi peuvent contribuer les aides extérieures, si elles s’engagent sur dix ou vingt ans, ainsi que les nouvelles technologies de communication.
- Le dogme dominant stipule que les pays pauvres s’en sortiront en participant au commerce mondial libéré des barrières et taxes. Cette idée s’est-elle vérifiée?
Ils ne s’en sortiront pas seulement en ouvrant leurs frontières, ni en les ouvrant n’importe comment. Mais les réussites avérées en matière de croissance durable ne concernent que les pays qui ont accepté de multiplier, et surtout de diversifier, progressivement, leurs échanges avec l’extérieur, et donc leurs productions.
Tels sont les enseignements de l’histoire économique, qui mettent à bas tout dogme en la matière.
Corée du Sud et Malaisie ont su régler une participation croissante au commerce mondial, en se protégeant des importations concurrençant leurs nouvelles branches productives. Inversement, les pays d’Afrique subsaharienne ont, en gros, connu vingt ans de protection, puis vingt ans de démolition de leurs barrières douanières et monétaires sans pour autant connaître une croissance économique soutenue. L’Argentine, longtemps bon élève du FMI, connaît actuellement une crise dramatique.
La théorie libérale ne s’applique pas si les pays qui échangent ont des différences de productivité d’un à cent – c’est le cas entre les agricultures les plus riches et les plus pauvres –, si le commerce mondial est biaisé par oligopoles, spéculations, dumpings, subventions et protections plus ou moins déguisées.
Et la demande internationale ne suffit pas à elle seule à susciter des offres compétitives.
- Quel bilan peut-on tirer des «politiques d’ajustement» imposées par le FMI en échange d’un accès au crédit?
Elles étaient nécessaires: ni un pays, Etat ne peuvent vivre longtemps au-dessus de leurs moyens.
Mais elles ont été trop brutales, trop uniformes, trop globales.
Dans beaucoup de pays, il a fallu les répéter, preuve qu’elles ne s’attaquaient pas aux racines du mal.
A trop «compresser » les emplois et les salaires, donc les marchés intérieurs, à trop réduire l’Etat sans promouvoir l’Etat de droit, à privatiser sans saine concurrence, à ouvrir les frontières à des marchés biaisés par dumpings et subventions, elles ont découragé les initiatives.
Les investissements productifs, étrangers et nationaux, n’ont pas été au rendez-vous.
Il est plus facile et plus rapide de réduire la demande que de créer un tissu d’entreprises compétitives. Pauvretés, précarités et exclusions se sont accrues.
- L’Afrique, première cible de ces politiques, est-elle plus pauvre qu’il y a dix ans?
L’Afrique est immense et diverse: 750 millions d’habitants, plus grande que la Chine, l’Inde, l’Europe et les Etats-Unis réunis, 54 Etats, des dizaines de langues…
Il faut donc se garder de tout jugement global. Il est vrai, cependant, que la grande majorité des Africains ont vu leurs revenus baisser.
La Banque mondiale estime que le nombre de pauvres (vivant avec moins d’un dollar par jour) est passé de 217 à 291 millions en dix ans. Au-delà des statistiques, souvent incapables de décrire des situations qui échappent aux définitions occidentales et en particulier les échanges non-marchands , des signes d’appauvrissement ont clairement été identifiés en Afrique subsaharienne.
- Ainsi,l’augmentation du nombre de familles monoparentales dirigées par une femme, et d’enfants des rues.
- L’explosion des petits boulots urbains.
- Des jeunes diplômés qui préfèrent un emploi informel et bas de gamme à l’attente d’un emploi salarié.
- Le recul de l’accession à l’autonomie économique et au logement des jeunes adultes.
- L’augmentation des échanges non-monétaires entre ville et campagne.
- Celle de la violence urbaine et de la consommation de drogues…
- D’autres signes, comme la restriction des repas aux membres de la famille la plus proche ou l’essor des églises dites «du réveil» (sectes,groupes de prière) qui offrent de nouveaux modes de sociabilité, montrent une recomposition des liens sociaux.
- Pourtant,vous dénoncez paradoxalement une vision trop pessimiste de l’Afrique. Où se trouve le positif?
Malgré tout, des évolutions marquent des progrès décisifs dans la capacité des populations africaines à innover, à combattre par elles-mêmes les exclusions et les précarités, signes de la vraie pauvreté.
De nouvelles générations mieux formées, ouvertes sur le monde, sont en train d’investir tous les domaines de l’activité économique, sociale et politique.
- L’émancipation des femmes s’accélère sous la pression des contraintes de la survie familiale, et grâce à l’école.
- L’essor remarquable des formules de microfinancement leur doit beaucoup.
- Partout prolifèrent des associations,groupements villageois, comités de quartiers fondés sur la proximité géographique ou la solidarité professionnelle.
- Certains s’organisent en réseaux ou fédérations capables de peser sur les décisions politiques, comme le prouvent les organisations paysannes du Sénégal, du Mali, de Côte-d’Ivoire…
- L’économie populaire répond ingénieusement à de multiples besoins de la vie quotidienne et n’attend plus qu’une reconnaissance marquée par l’accès au crédit et à la formation professionnelle pour promouvoir un tissu de petites entreprises performantes.
- L’Internet rompt parfois l’isolement préjudiciable à l’information, à l’innovation et au regroupement de forces intellectuelles.
- Enfin, la démocratie s’enracine dans un mouvement de décentralisation tâtonnant mais irrépressible et original.
S’il n’est de richesse que d’hommes… et de femmes, alors oui, paradoxalement, l’Afrique s’enrichit. En outre, même si l’immense majorité des projets de développement ont des résultats mitigés et peu durables, obérés par la méconnaissance des obstacles dus aux comportements, aux clivages sociaux ou à la propriété foncière, certains succès montrent qu’il n’y a pas de malédiction africaine. Comme l’expansion de la culture du coton en Afrique francophone (100 000 tonnes en 1960, un million en 1998) ou le palmier à huile en Côte d’Ivoire, le recul décisif de la fièvre jaune ou l’éradication de la peste bovine en Afrique de l’Ouest et du centre.
- Y a-t-il contradiction entre les besoins immédiats du développement et le caractère durable de ce dernier?
Apparemment oui, inéluctablement non.
Comment empêcher la déforestation des hauts plateaux malgaches, facteur à moyen terme de stérilisation, quand une population croissante n’a pas d’autres sources d’énergie que le bois de chauffe et d’autres moyens de maintenir une production vivrière vitale qu’en défrichant de nouveaux espaces?
Faut-il restreindre la culture du coton, seule source de revenus monétaires au Sahel, quand la lutte contre l’épuisement des sols ne peut se conduire sans engrais, souvent trop onéreux pour concurrencer le coton subventionné aux Etats-Unis?
Il y a là une question vitale pour la grande majorité des pauvres.
Elle réclame des principes radicalement nouveaux en matière de développement, de relations internationales, d’aide publique et finalement de modes de consommation au Nord.
C’était l’enjeu majeur de la conférence de Johannesburg, dont les résultats ne sont malheureusement pas à la hauteur, même si elle a favorisé une prise de conscience et lancé quelques projets concrets.
L’aide durable et multiforme des pays riches doit contribuer à assurer la transition entre méthodes prédatrices de la nature et méthodes qui en renouvèlent le potentiel ou s’y substituent.
De nouveaux modes de production d’énergies renouvelables, d’utilisation de l’eau, des sols et des ressources biologiques sont en cours d’expérimentation dont il faut accélérer la mise au point et la généralisation.
Les populations du Nord-Cameroun ont ainsi réhabilité une variété traditionnelle de mil de saison sèche, ce qui a permis l’extension de la culture du coton.
La coopération française possède à son actif des exploitations durables de forêts qui associent entreprises forestières, villageois, fonctionnaires et techniciens.
Non, la contradiction évoquée n’est pas inéluctable.
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Par Sylvestre Huet, le 13 septembre 2011
21:06 Publié dans Libé, Société et Justice | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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24.08.2011
De l’utilité des communautés
Perclus d’autant de défauts que ces “vaches de bourgeois” croqués à merveille par Brassens, je m’efforce malgré tout de ne pas avoir d’œillères et de garder à l’œil une sélection d’un peu plus de 200 blogs de préférence pas trop hystériquement bavards ou conformistes .
Je n’ai pas trop de mérite, les différentes visions et solutions du “prêt à penser” en circulation à un instant donné m’ont toujours passionnées, autant par la richesse des idées et des arguments ou de leur drôlerie, que par les bases de méditations (plus que de réflexion) offertes sur ce qu’il est possible d’en tirer pour l’avenir de nos sociétés.
Par nature, plutôt adepte d’un certain volontarisme en matière de recherche et d’innovation, je me demande comme beaucoup d’entre nous, comment éviter de laisser faire n’importe quoi ?
Et bien sûr, même si je suis conscient du danger que présentent des technostructures démentes, je trouve les idéologies fondées sur le concept de décroissance beaucoup trop incomplètes : l’union de volontés de s’opposer ne suffit pas à définir une volonté générale positive, il faut aussi débroussailler tous les cheminements possibles, y compris les moins conformistes et les plus innovants, et sur ce dernier point on ne peut que constater qu’on nous laisse généralement sur notre faim.
C’est donc avec un intérêt très relatif que j’ai abordé l’article suivant et la longue vidéo (sous-titrée) qui l’accompagne. Le catastrophisme, les peurs qu’on nous sert tous les matins, exacerbent ma méfiance et auraient plutôt tendance à m’exaspérer.
http://www.internationalnews.fr/article-collapse-effondre...
Collapse (Vostfr) 1/2 par Super_Resistence
Collapse (Vostfr) 2/2 par Super_Resistence
http://www.dailymotion.com/video/xkboo7_collapse-vostfr-1-2_news#from=embediframe
http://www.dailymotion.com/video/xkbscp_collapse-vostfr-2...
http://www.youtube.com/watch?v=O71RQT6tbIU&feature=pl...
Je ne sais pas trop ce qui a fait tilt dans mon esprit, mais ça doit être la présentation un peu étrange de cette interview.
- Les évènements politiques ou économiques rapportés aussi atroces soient-ils, ne sont pas une nouveauté.
- Le style est très américain, avec parfois une touche de sentimentalisme qui dépasse la touche de compassion habituelle qui fait partie du politiquement correct du bobo américain (par opposition aux touche-bombe du Tea Party et autres frappadingues encore pires)
Paradoxalement, le souffle de cette interview tient selon moi, en 3 points :
- la grande banalité des choses rapportées mais avec un effort notoire pour leur mise en connexions
- l’évidence d’une évolution humaine exigée par la raréfaction des énergies fossiles et d’autres contraintes imposées par la Nature, en attendant la relève par des technologies intégrant mieux ces contraintes et exploitant les énergies naturelles.
- un touche d’humanisme sincère et une simplicité de prises de décisions et d’actions, à la portée de tout un chacun, qui tranchent avec des visions collectives laissant l’individu totalement désemparé ou à la merci du système politico-économique.
Parmi les moyens de survie énoncés, la reconstitution des petites communautés d’exploitations agricoles pour se nourrir en utilisant les ressources locales, à portée de mains, en attendant de remettre une système social plus performant. C’est le Crédo bien connu de tout individu touché par la grâce du développement durable !
Pourtant, aussi évidente que soit cette perspective, je la trouve un peu restrictive. Je pense qu’il y a moyen d’exploiter le concept de Communauté dans un contexte bien plus large et moderne, et que cette idée de fonder le futur de nos sociétés sur une Organisation de Communautés plutôt que de Personnes doit être davantage étudiée car elle peut s’avérer extrêmement féconde et pragmatique.
J’étais jusqu’à présent très embarrassé par tous les soubresauts politiques tournant autour du communautarisme. Je suis maintenant atterré par le manque de réflexion approfondie des hommes politiques sur le sujet des communautés, et leur obsession à se cantonner à une exploitation honteuse du concept pour glaner un maximum de voix aux élections.
Comme tout le monde, sans céder aux sirènes du nationalisme, aux exploitations politiciennes du racisme ni aux dérives populaires je n’ai guère envie de voir mon pays ravagé par des confrontations entre groupes ethniques, religieux, pas plus que mafieux ni de donner davantage corps aux vieux concepts de “lutte des classes”, à celui plus récent de “société multiculturelle” ou plus probable, au “sauve-qui-peut-général” en préparation que même les non-voyants peuvent voir venir, “sauf les aveugles, bien entendu”.
Aujourd’hui, juste après avoir terminé de visionner cette vidéo, je suis tombé par hasard après avoir écouté Umberto Ecco sur l‘émission Je t’aime pareil de France Inter consacrée ce samedi 20 août au “Vivre entre 2 Cultures”. Son écoute m’a réellement convaincu qu’une société organisées en communautés pourrait être le choix le plus pertinent pour notre évolution future.
Si vous écoutez cette émission, vous entendrez des métis qui racontent de l'intérieur ce qu'est une communauté pour leurs parents. Leur point de vue change un peu la donne par rapport à ce qu'on nous rabâche.
On y redécouvre qu'une communauté c'est avant tout un outil qui permet à des individus, tout simplement de vivre; et qu’avant qu’on en arrive à une entité qui cherche à persister au point de s’imposer aux autres par la violence, il faut accumuler longtemps de maladresses .
Il est réjouissant de voir que ce besoin simple de survivre rejoint le point de vue souligné par Michael Ruppert dans la vidéo ci-dessus. Et que l’analyse de Jeremy RIFKIN sur un besoin d’empathie plus grand pour survivre renforce cette idée de base.
Même si les communautés telles qu’on les perçoit aujourd’hui, ne donnent qu’une pâle idée de ce que pourrait être une organisation de la société fondée sur ce concept, une telle construction pourrait être probablement le choix le plus naturel et le plus performant.
- non seulement pour passer la période de décroissance de notre consommation en ressources fossiles
- mais aussi pour maîtriser l’évolution de notre système de décision politico-économico-technique, adoucir les tendances négatives de la concurrence, favoriser les coopérations, et mettre le tout au service de nos capacités à fonctionner comme un auto-système capable d’autocorrection, plutôt que persister avec des machineries impossibles à piloter ou pilotées par des déséquilibrés (dictateurs ou oligarchies obsédées par le pouvoir, aspirant aussi à être non seulement au-dessus des autres mais aussi des lois … )
Les notions de groupe de travail et d’intelligence collective sont nées il y a plus de 10 ans. Toute l’évolution technologique du numérique encourage la constitution de groupe sociaux que ce soit à travers les outils d’entreprise ou que ceux destinés au grand public.
Pour l'instant on est dans le laisser-faire le plus total, pourtant on devra aller plus loin : comme les individus peuvent être amenés en fonction de l'évolution de leurs centres d'intérêt à quitter un groupe pour en rejoindre un autre, qu'ils peuvent aussi faire parti de plusieurs groupes, que certains groupes peuvent avoir la tentation d'abuser de leur puissance, il y a là de nouvelles formes de nomadisme et de rapport entre communauté de travail ou d'autres types, qu'il faudrait bien un jour finir par penser et organiser !
Mais au point départ, ce qui nous fait le plus défaut, maintenant : ce sont des hommes politiques qui acceptent de penser le concept de communauté pour en tirer une organisation pertinente.
A nous des y obliger ! A nous de réagir, pour ne pas avoir la paresse de suivre ceux qui ne voient dans une communauté qu’un bouc-émissaire ! A nous de méditer sincèrement aux avantages que peut représenter une communauté pour chacun d’entre nous quand l’état providence sera dans les limbes.
A nous de rêver et penser comment avec une société organisée autour de communautés on pourra restaurer une société plus performante et adaptées aux conditions de vie que nous impose dame Nature.
Comme à l'évidence quand on "pense" ces groupes sociaux ou les communautés de travail, on ne les conçoit pas comme statiques, regrettons les échecs systématiques des politiques pour sortir les communautés précaires de leur ornière et le retard pris pour gérer efficacement communauté et mobilité d'un groupe à l'autre.
Exigeons dorénavant, plus de réalisme et de meilleurs résultats, pour que chacun puisse facilement évoluer, je pense qu'il ne s'agit pas d'une question d'argent mais d'une meilleure qualité de services exigeant une réelle volonté de réorganisation axée sur des résultats tangibles.
Le concept de communauté contient une si grande richesse humaine utile à la survie des individus, qu'il serait dommage de le laissé enseveli sous les monceaux de conneries dont on le couvre au quotidien, sans rien faire sauf à en rajouter une couche de temps en temps.
Voici comment à partir de l'hypothèse de départ qu'une Communauté est un instrument utile à la survie de ses membres dans un contexte donné, et leur permettant de créer les conditions d'une meilleur adaptation dans le futur, on pourrait commencer à réfléchir :
1) Quelles sont les meilleures façon de créer et organiser de telles Communautés ?
2) Quelles sont les meilleures façon de gérer les ressources ? Si une Communauté,
- monopolise des ressources, quels sont les type de relations contractuelles qu'elle doit établir avec l'extérieur ? Quelles peuvent être les natures de contrats ? avec des personnes, avec d'autres Communautés ?
- partage des ressources avec des tiers, quels sont les types de partage, de responsabilités qu'il est possible de définir ? Quelles modalités envisager selon qu'il s'agit de personnes ou de communautés ?
3) Comment orienter notre organisation, pour que les productions ou les produits de leur dégradation soient réutilisables ou recyclabes ?
4) Quels concepts nouveaux pourrait-on forger, pour qu'une société organisée en communautés puisse s'auto-reconfigurer le plus facilement possibles, de façon à ce que tous ces membres puissent se retrouver en situation de mieux s'adapter à de nouvelles conditions, ou dans le pire des cas sauver un patrimoine maximum ?
Ami lecteur qui a bien voulu me suivre sur ce tracé de chemin à peine ébauché, merci de t’essayer à cheminer à ton tour et d’imaginer ce qu’un tel formalisme peut offrir de mieux pour progresser vers de nouvelles voix, un “verbe” nouveau qui lui nous portera sur de nouvelles voies… Fini de tourner en rond !
22:53 Publié dans Modernité, Moeurs, Vidéo | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : communautés, survie, peak oil, michael ruppert, collapse, effondrement, crisis analysis, analyse, situation, critique |
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16.08.2011
Ils disent que nous sommes jeunes et ignorants…
I got you babe 1965 par tressage
"I Got You Babe"
[HER:] They say we're young and we don't know
We won't find out until we grow
[HIM:] Well I don't know if all that's true
‘Cause you got me, and baby I got you[HIM:] Babe
[BOTH:] I got you babe
I got you babe[HER:] They say our love won't pay the rent
Before it's earned, our money's all been spent
[HIM:] I guess that's so,
We don't have a pot
But at least I'm sure
Of all the things we got[HIM:] Babe
[BOTH:] I got you babe
I got you babe[HIM:] I got flowers in the spring
I got you to wear my ring
[HER:] And when I'm sad,
You're a clown
And if I get scared,
You're always around[HER:] So let them say
Your hair's too long
'Cause I don't care,
With you I can't go wrong
[HIM:] Then put your little hand in mine
There ain't no hill or mountain we can't climb[HIM:] Babe
[BOTH:] I got you babe I got you babe[HIM:] I got you to hold my hand
[HER:] I got you to understand
[HIM:] I got you to walk with me
[HER:] I got you to talk with me
[HIM:] I got you to kiss goodnight
[HER:] I got you to hold me tight
[HIM:] I got you, I won't let go
[HER:] I got you to love me so[BOTH:] I got you babe
I got you babe
I got you babe
I got you babe
I got you babe
02:28 Publié dans Chanson, Danse, Musique, Vidéo | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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07.08.2011
Alain Barrière – Bon anniversaire
http://www.paroles-musique.com/paroles-Alain_Barriere-lyr...
Puisque le temps nous est donné
Ce jour de boire à ta santé
A tes amours, à l'amitié
Ami pour toi, je viens chanter
Jour attendu et redouté
Mais vrai bonheur de partager
Ce bon moment d'intimité
Alors laissons le cœur chanter
Bon anniversaire
C'est le temps venu
De lever nos verres
A ce temps que tu n'auras plus
Bon anniversaire
Sois le bienvenu
Lève aussi ton verre
Tu prendras bien un an de plus
Une année de plus
{Refrain:}
Ahahahah le temps qui vient, le temps qui va
Ahahahah ce temps n'a pas prise sur toi
Ahahahah le temps qui vient, le temps qui va
Ahahahah ce temps n'a pas prise sur toi
Que l'on soit pauvre ou fortuné
C'est le jour de tout oublier
Vivre un moment privilégié
A graver dans l'éternité
Salut à toi sérénité
Faut laisser place à la gaieté
Chaque fois c'est un an d'gagné
Alors laissons le cœur chanter
Bon anniversaire
C'est le temps venu
De lever nos verres
A ces douze mois révolus
Bon anniversaire
Sois le bienvenu
Lève aussi ton verre
Tu prendras bien un an de plus
Une année de plus
{Au Refrain}
Puisque le temps nous est donné
Ce jour de boire à ta santé
A tes amours, à l'amitié
Ami pour toi je viens chanter
Jour attendu et redouté
Mais vrai bonheur de partager
Ce bon moment d'intimité
Alors laissons le cœur chanter
Bon anniversaire
C'est le temps venu
De lever nos verres
A ce temps que tu n'auras plus
Bon anniversaire
Sois le bienvenu
Lève aussi ton verre
Tu prendras bien un an de plus
Une année de plus
{Au Refrain}
Alors à toi !
Bon anniversaire !
11:16 Publié dans Chanson, Danse, Musique, Vidéo | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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02.08.2011
Brassens chanté à travers le Monde …
Redécouvrir Brassens avec de magnifiques sonorités :
http://www.youtube.com/watch?v=rXpP4kv_K8E
http://www.deezer.com/fr/#/music/justyna-bacz/brassens-ec...
http://itunes.apple.com/fr/album/brassens-echos-du-monde/...
Dans le cadre de FiestaSète, ce 2 août à 18h00 :
Brassens, Echos du monde.
Hôtel de Paris, 2 rue Frédéric Mistral, Sète.
Par Emile Omar.
Tchatche musicale : Echos du monde, à l’hôtel de Paris, 2 rue Frédéric Mistral, 34200 Sète (Entrée libre). Présentation et écoute de la compilation conçue par Emile Omar, programmateur de Radio Nova, et présence de Clémentine Deroudille, co-commissaire de l’exposition Brassens et la liberté à la Cité de la Musique.
Chansons complètes sur YouTube ou DailyMotion :
A l'ombre du cœur de ma mieLa mauvaise réputation, La mala reputaciòn, version Sidabitball
The Princess and the Troubadour, To Die For Your Ideas
Francis JAMES mis en musique par Brassens : La preghera
Louis ARAGON mis en musique par Brassens : Il n’y a pas d’amour heureux, version Françoise HARDY, version Keren-Ann & Tanger, version Barbara, version 8 femmes par Danièle Darrieux
...
Autres interprètes de Brassens, dans d’autres chansons :
Fubuki KOSHIJI une belle voix chaude qui reprend en Japonais d'anciens succès de la chanson française ou du Music Hall
…
11:13 Publié dans Brassens 30 ans déjà !, Chanson, Danse, Musique, Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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Voix Vives de Méditerranée à Méditerranée : des heures de flânerie et de bonheur simple au cœur du Quartier Haut à Sète …
Autour de l'église St LOUIS, et de la rue Garenne à la rue Villeret de Joyeuse, des conteurs, des poètes, des musiciens venus de tout le pourtour de la Méditerranée, des guinguettes et un public bon enfant, heureux, charmé, comblé ... http://www.voixvivesmediterranee.com/
2h du matin – Spleen nocturne après les dernières improvisations.



Et comme le dit Victoire aux autochtones qui préfèrent que "la politique politicienne prenne le pas sur tout" et qui font de "qui n'est pas avec nous est contre nous" leur devise :
"J'ai 33 ans mes vieilles corneilles et vous emmerde en attendant"... de revenir vous visiter quand j'en prendrai le temps....
01:45 Publié dans Culture, Traditions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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Depuis la Révolution française, notre société est confrontée à la perpétuelle redéfinition des relations entre la souveraineté du peuple et le pouvoir du gouvernement représentatif. 

