Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

26/03/2011

Télérama - Marie-Monique Robin : “Il y a du poison partout dans la nourriture”


ENTRETIEN
MANGER TUE (5/7)

Marie-Monique Robin : “Il y a du poison partout dans la nourriture”

 

Le 15 mars 2011 à 16h00    -    Mis à jour le 16 mars 2011 à 10h57

Tags :
Fipa 2011
alimentation
Marie-Monique Robin
arte
entretien
Manger tue

LE FIL TÉLÉVISION - Dans son documentaire “Notre poison quotidien”, diffusé mardi 15 sur Arte et désormais disponible sur Arte +7, Marie-Monique Robin tire la sonnette d’alarme : certains additifs alimentaires sont dangereux, et il y a dysfonctionnement des autorités de régulation. Nous continuons notre dossier sur l’alimentation en republiant un entretien avec la documentariste datant de janvier, au moment où son film était présenté au Fipa.

20 réactions

Notre poison quotidien débute par une séquence de film délicieusement rétro (1). Images en noir et blanc, voix légèrement nasillarde, décor sixties. Nicolas, sa femme et ses deux enfants sont attablés devant un déjeuner qui passe mal. Nicolas est soucieux. Et, on le comprend.

C'était il y a près de cinquante ans. Colorisez le film, ne changez pas une ligne aux interrogations de Nicolas. C'est aujourd'hui. Quand ces images ont été tournées, Marie-Monique Robin avait 4 ans. Depuis, la petite fille a grandi. Elle est devenue une réalisatrice reconnue dont les documentaires interrogent la société et ébranlent les pouvoirs établis. Le Monde selon Monsanto, c'était elle. Escadrons de la mort : l'école française, Les Pirates du vivant ou Torture made in USA, toujours elle. Aujourd'hui, elle revient avec Notre poison quotidien, un film dont on n'a pas fini de parler, présenté jeudi 27 au Fipa en avant-première mondiale. La réalisatrice y reprend les interrogations de Nicolas et mène sa propre enquête sur toutes les questions qui, depuis des années, travaillent nos sociétés. Quels sont les effets à long terme des produits chimiques utilisés dans la chaîne alimentaire, du champ du paysan à l'assiette du consommateur ? Les autorités qui en réglementent l'utilisation sont-elles fiables et indépendantes de l'industrie? Y a-t-il un lien entre ces produits chimiques et la progression importante dans les pays développés, de certaines maladies neurologiques (Parkinson et Alzheimer), du cancer ou des dysfonctionnements de la reproduction ?
Au terme d'une enquête de deux ans, Marie-Monique Robin nous livre des réponses claires, sans équivoque et peu réjouissantes. Un documentaire alarmant c'est vrai, mais il n'est plus temps de finasser et puis, comme elle le dit elle-même : « Savoir, c'est pouvoir. » Notre poison quotidien sera diffusé le mardi 15 mars à 20h40 sur Arte. En attendant, Marie-Monique Robin s'est extrait un moment du livre qui accompagnera le film pour nous parler de Notre poison quotidien. Entretien.
Comment vous est venu l'idée de mener cette enquête ?
Marie-Monique Robin : Lorsque je travaillais sur mon précédent documentaire, Le Monde selon Monsanto, trois questions me venaient régulièrement à l'esprit : d'autres entreprises produisant des substances chimiques avaient-elles, comme Monsanto, menti et caché ou manipulé des données ? Deux : comment sont testés et réglementés les produits mis sur le marché ? Trois, y a-t-il un lien entre l'exposition à ces produits et les maladies chroniques et neurodégénératives qui sont en pleine explosion dans les pays développés, au point que l'Organisation mondiale de la santé parle elle-même d'« épidémie ».

Prenons le cas des pesticides utilisés dans l'agriculture. Leurs fabricants nient toujours tout lien entre les maladies que vous évoquez et l'exposition à ces produits ?

C'est tout simplement faux. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que, chaque année, un à trois millions de personnes sont victimes d'une intoxication aiguë par les pesticides, et plus de 200 000 en meurent. Dans mon film, je montre que l'exposition chronique à des doses faibles mais répétées dans le temps de pesticides a provoqué des maladies chroniques chez les agriculteurs. Elles ont mis très longtemps à être reconnues, mais elles le sont enfin dans certains pays. En France, la Mutualité sociale agricole (MSA) a fini par accorder le statut de maladie professionnelle à une trentaine d'agriculteurs, dont dix pour la maladie de Parkinson. Qui devons nous croire, la MSA ou l'industrie chimique ?

Vous remettez en cause la notion de Dose journalière admissible (DJA), qui est un des fondements de toute la réglementation des produits chimiques dans l'alimentation. Comment en êtes-vous arrivée là ?
Le système actuellement en vigueur a été élaboré à la fin des années 50. Il repose sur ce qu'on appelle la DJA, c'est-à-dire la quantité d'additifs alimentaires qui peut être ingérée quotidiennement et pendant toute une vie sans aucun risque. L'initiateur de la DJA est le toxicologue français René Truhaut. La création de la DJA part d'une bonne intention, celle de limiter les risques de l'utilisation des produits chimiques – qui, rappelons-le sont des poisons – dans la chaîne alimentaire. Pour établir cette DJA, on est parti du principe de Paracelse (médecin suisse du XVIe siècle) : la dose, c'est le poison. Autrement dit, à de très faibles doses, les substances chimiques sont inoffensives. Or, ce que j'ai pu constater dans mon enquête, c'est que la plupart des DJA ont été calculées sur la base d'études fournies par l'industrie chimique elle-même. Mais, comme Monsanto, beaucoup d’entreprises de ce secteur mentent et trichent. Les DJA sont donc largement suspectes, car calculées sur la base de données fournies par des entreprises dont la principale préoccupation n'est pas la santé du consommateur mais la recherche du profit.
Par ailleurs, ce principe de « la dose fait le poison » est devenu un dogme intangible de l'évaluation toxicologique, alors même qu'on sait aujourd'hui qu'il n'est pas valide pour toutes les substances. Certaines d'entre elles, comme celles qu'on appelle les « perturbateurs endocriniens », peuvent agir sur l'organisme à des doses très faibles. Des centaines d'études ont par exemple prouvé que le Bisphénol A pouvait avoir des effets à des doses infimes, parfois 5 000 fois inférieures à la DJA qui lui a été attribuée.
Enfin, chaque substance s'est vu attribuer une DJA individuellement. Or, il faut savoir que 100 000 produits chimiques sont apparus depuis la seconde guerre mondiale et qu'on n'a jamais évalué les conséquences de ces produits lorsqu'ils sont mélangés, ce que l'on nomme "l'effet cocktail". Aujourd'hui, il y a du poison partout, qui rentre dans la nourriture, et on essaie simplement de faire en sorte que les gens ne tombent pas raides morts tout de suite!

Vous n'accordez aucune confiance aux agences de règlementation comme la Food and drug administration (FDA) aux Etats-Unis ou l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) en Europe, qui contrôlent la mise en circulation des produits sur le marché ?

Je ne leur fais effectivement pas confiance, et je pense que le système de règlementation mis en place est totalement inopérant et ne nous protège pas. Je veux bien accorder à certains de leurs experts le crédit de faire ce qu'ils peuvent mais, hors micro, ils reconnaissent eux-mêmes que leur action est très limitée. En fait, le principal problème des experts qui travaillent dans ces agences vient de leur proximité avec le monde de l'industrie. Les membres des comités sur les additifs alimentaires ou les plastiques alimentaires à l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (ANSES) comme à l'EFSA, sont tous sous contrat avec les marchands d'additifs alimentaires ou de plastiques. Tous.
Dans mon film, je raconte l'histoire de Dominique Parent-Massin, car elle est emblématique de ces conflits d'intérêt. Elle a présidé pendant des années le comité des additifs alimentaires à l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) et a toujours affirmé que l'aspartame ne présentait aucun danger. Comment aurait pu elle prétendre le contraire ? Elle travaille pour Ajinomoto, premier fabricant d'aspartame au monde, et pour Coca Cola, qui en est le premier utilisateur.
Comme la quasi-totalité des experts travaillent désormais pour l'industrie, j'admets qu'il soit difficile d'en trouver des indépendants. Mais qu'au moins ces conflits d'intérêts soient publics et ainsi connus de tous. Et tout aussi important, que les décisions prises par ces autorités de régulation soient totalement transparentes. Le système actuel ne peut plus continuer, il est fait pour protéger l'industrie, pas le consommateur.

Qui devrait aujourd'hui repenser le système de réglementation des substances chimiques dans l'alimentation si ce ne sont pas les autorités de régulation ?

L'Union européenne a mis au point le programme REACH [un système intégré d'enregistrement, d'évaluation, d'autorisation et de restrictions des substances chimiques, NDLR], qui me semble aller dans le bon sens. L'idée est d'inverser la charge de la preuve, de demander aux industriels de prouver que les produits qu'ils veulent mettre sur le marché ne sont pas toxiques. Et de le faire sur la base d'un processus de validation beaucoup plus transparent qu'aujourd'hui. Le principe de REACH est également de ne pas attendre ce qu'on appelle aux Etats-Unis, « The dead body count method » (la méthode qui consiste à compter les morts à la morgue), pour intervenir. Autrement dit, ne pas attendre trente ans pour évaluer l'éventuelle toxicité d'un produit en comptant les morts et les malades. Il ne s'agit de rien d'autre que d'appliquer le principe de précaution tel qu'il est prévu dans les constitutions françaises et européennes. Si des études expérimentales faites chez les animaux, ou in vitro, montrent l'éventuelle toxicité d'un produit sur le marché, on ne tergiverse pas, on l'interdit purement et simplement.

Quelle serait la première mesure à prendre pour diminuer la toxicité des aliments que nous mangeons ?
Sur la base d'études expérimentales réalisées sur des animaux, nous savons que de très nombreux produits ont des effets potentiellement cancérigènes, neurotoxiques ou « obésogènes ». Une liste de ces produits a été établie par de nombreuses associations et ONG et par le Parlement européen lui-même. Il faut se débarrasser immédiatement de tous ces produits.
Dans votre film, vous dénoncez les effets nocifs de l'aspartame et du bisphénol A. Etes-vous favorable à leur retrait total du marché ?
Evidemment. Le principe de précaution nous commande d'agir dès que nous sommes en possession de données partielles et c'est très largement le cas pour ces deux molécules. L'aspartame, que l'on retrouve dans au moins 6 000 produits de consommation courante, est un cas exemplaire. Il ne sert à rien et à personne, pas plus aux obèses qu’aux diabétiques, comme on nous a abusivement laisser croire. Qu'est-ce que ce produit fait encore sur le marché après toutes les études qui prouvent sa nocivité depuis au moins trente ans ? Quant au bisphénol A, n'en parlons pas. Lui aussi est inutile. La preuve, quand le Canada puis la France ont interdit l'usage des biberons au bisphénol A, ils ont immédiatement été remplacés par un autre produit.

Que faire pour échapper à notre poison quotidien ?

Nous n'avons pas le choix, il faut encourager l'agriculture biologique, manger bio, cuisiner des produits frais, éviter au maximum les plats préparés vendus dans les supermarchés et introduire dans son alimentation des produits simples comme le curcumin, qui sont des anti-inflammatoires naturels corrigeant les défauts et excès de la malbouffe.

Propos recueillis par Olivier Milot

 

Notre poison quotidien sur Arte +7 (jusqu’au 22 mars)

20 réactions

Le 15 mars 2011 à 16h00    -    Mis à jour le 16 mars 2011 à 10h57

Commentaires

mikagaia - le 16/03/2011 à 12h44

Marie-Dominique Robin c'est le pot de terre contre le pot de fer. Il n'y a qu'à lire les commentaires odieux des détracteurs de cette courageuse journaliste. Et puis arrêtez de dire n'importe quoi ! L'espérance de vie n'augmente plus, elle baisse. C'est déjà un constat aux US qui, comme d'habitude, ont 10 ans d'avance sur nous. Autour de moi et dans ma famille, je vois des gens qui sont atteint d'un cancer avant 60 ans ! Et quelle souffrance durant les traitements et les actes de chirurgie lourde pour espérer gagner quelques années ou mois de vie. Non, il n'est plus le temps de jouer aux apprentis sorciers et de sacrifier des millions d'être humains au nom du profit. Si les idiots veulent continuer à s'empoisonner c'est leur problème mais ils n'ont pas à pourrir les sols, l'eau et à empoisonner la population. Quant à l'argument "c'est pour nourrir la planète", il serait valable si 1 milliard d'être humain ne souffrait pas de malnutrition. Ce qui est certain, c'est qu'on pourra ajouter à ce milliard au moins un autre milliard d'être humain souffrant de mauvaise nutrition. Quel est et quel sera le coût pour la collectivité, pour la sécurité sociale pour soigner tous les empoisonnés que nous sommes? Quelles seront les conséquences (déjà visibles) à long terme de la pollution due à toutes ses molécules ? Les industriels devraient répondre de cela car ils sont entièrement responsable de leurs actes. Aujourd'hui, seul le consommateur, par ses choix, peut changer la donne.
5 internautes sur 5 ont trouvé cet avis intéressant.

Trouvez-vous cet avis intéressant ?

benabar - le 16/03/2011 à 09h57

On fait le parallèle sur la longévité d'espérance de vie qui augmente dans certains pays grace en grande partie au progrès, c'est un raccourci un peu rapide à mon sens. Il est vrais que les statistiques sont parlant. Mais attention avec cette course effrénée du toujours plus à n'importe qu'elle prix, des tas d'exemples le démontrent, dans le sport, certains produits pharmaceutiques, la pollution etc..etc . Respectons le corps humain qui lui n'a pas de prix. Maintenant le BIO OK , mais à condition qu'il porte bien son appellation, et le ramener sur l'échelle planétaire, comment procède t'on , à l'heure actuelle un milliard d'étres humains souffrent de mal nutrition.
7 internautes sur 8 ont trouvé cet avis intéressant.

Trouvez-vous cet avis intéressant ?

goelands77 - le 16/03/2011 à 09h56

Dans le message d'Etic, il est écrit que "l'année dernière l'espérance de vie a encore augmenté en France malgré toute la pollution chimique qui nous entoure". On entend aussi : "Il n'y a jamais eu autant de centenaires !"
Sauf erreur de ma part, les centenaires de 2011 sont nés en 1911... et ont grandi à une époque où on n'utilisait pas de pesticides ni d'additifs alimentaires de façon massive. Les effets des produits chimiques nocifs (et particulièrement des perturbateurs endocriniens) ne se font pas sentir immédiatement, mais au bout de 20, 30 ou 40 ans. On l'a bien vu pour l'amiante, le distilbène (qui n'a pas du tout dérangé les femmes enceintes traitées avec ce médicament, mais a provoqué de graves dommages chez leurs enfants), comme pour des produits plus courants comme l'alcool ou le tabac : les conséquences sur la santé ne sont pas immédiates.
Avant d'affirmer que l'utilisation inconsidérée de toutes les molécules que l'industrie chimique invente chaque année est sans incidence sur l'espérance de vie... il faudrait peut-être laisser vieillir et mourir les gens nés en 1950, 60, 70... et après ! Là, on aura peut-être des surprises. Et il faut aussi penser que l'allongement de l'espérance de vie a suivi les progrès de la médecine et de la chirurgie, qui permettent de réparer beaucoup de dégâts... L'espérance de vie ne dépend pas d'un seul facteur.
18 internautes sur 19 ont trouvé cet avis intéressant.

Trouvez-vous cet avis intéressant ?

É. Bahie - le 16/03/2011 à 09h09

Télérama, par pitié,
retrouve ton orgueil,
sors de la chapelle
remets ton chapeau...
comme disait l'autre !
Et cesse de nous infliger sans le moindre esprit critique les approximations, amalgames et incohérences de cette pauvre femme.
Bien sûr, elle a le droit de vivre, voire même de s'exprimer... Mais cette façon de lui dérouler obséquieusement le tapis rouge dès qu'elle ouvre la bouche est une véritable régression mentale.
Un lecteur soucieux d'un peu de rigueur argumentative devrait au minimum de reporter à http://imposteurs.over-blog.com/article-sur-arte-le-15-mars-les-gourderies-de-robin-1ere-partie-68807657.html
5 internautes sur 51 ont trouvé cet avis intéressant.

Trouvez-vous cet avis intéressant ?

roro01 - le 16/03/2011 à 08h33

le pétrole coule les gens bouffes vive le capitale
6 internautes sur 19 ont trouvé cet avis intéressant.

Trouvez-vous cet avis intéressant ?

alain de nantes - le 12/02/2011 à 23h17

Etic et Jean-François, dites moi quelle sorte d'intérêt peut tirer MM Robin en s'en prenant à la filière OGM et agro-chimique, alors qu'il serait plus simple et plus lucratif de s'en faire des alliés ? Et pourquoi les industriels concernés dépense t-il autant d'énergie et d'argent à tenter de faire bonne figure, se refaire une virginité médiatique, tenter des interdictions, attenter des procès, puisqu'ils n'ont strictement rien à se reprocher, et qu'il leur suffirait de faire le dos rond sachant que le temps finira par leur donner raison ?
Quand au Bobios lecteurs de Télérama, je pense que précisément, c'est
cet esprit critique qui manque à la majorité de la presse qui les attire sur ces pages, et vers les kiosques chaque Mardi pour se re-cérébrer ou au moins essayer de le faire...
MAIS vous chers amis, qu'est-ce qui a bien pu être à l'origine de votre apparition aussi soudaine que virulente sur le site d'un magazine que visiblement vous méprisez ? Une erreur de lien, un clic malencontreux ? Quelque autre MOTIVATION peut-être ? L'ennui ? Alors qu'il y a tellement de bon livres, de films et de pièces de théatre à découvrir...
41 internautes sur 82 ont trouvé cet avis intéressant.

Trouvez-vous cet avis intéressant ?

chvielliard - le 9/02/2011 à 08h57

Pour ceux qui veulent voir le docu avant le mois de mars :
Ce doc passe au mois d'avril seulement sur Arte.
http://www.tsr.ch/docs/lundi/2822116-le-doc-du-lundi.html
Salut
24 internautes sur 25 ont trouvé cet avis intéressant.

Trouvez-vous cet avis intéressant ?

chvielliard - le 9/02/2011 à 07h30

Qui veut voir ce reportage avant sa diffusion sur Arte dans 1 mois ?
http://www.tsr.ch/docs/lundi/2822116-le-doc-du-lundi.html
L'intégrité et l'éthique sont 2 valeurs qui ne sont plus dans le vocabulaire de CERTAINS scientifiques,,, attention aux amalgames. Merci Marie-Monique
25 internautes sur 27 ont trouvé cet avis intéressant.

Trouvez-vous cet avis intéressant ?

Farouchko - le 5/02/2011 à 22h28

Bonjour,
Je suis acheteur a l'international sur le MIN de Rungis et suis en accord total avec Madame Robin.
Je sais et je vois de quoi elle pale surtout quand il s'agit de Monsanto.
Farouchko
48 internautes sur 49 ont trouvé cet avis intéressant.

Trouvez-vous cet avis intéressant ?

ham64 - le 4/02/2011 à 21h42

Pour Mr etic qui doit travailler chez suez environnement.
L'espérence de vie pour la première fois depuis qu'on la mesure vient de reculer aux Etats-unis. Le pay de Donald Rumsfeld et de Monsanto.
Pensez aux morts Monsieur ! J'espére que vous n'aurez pas à voir vos enfants mourir sur un lit d'hopital à 38 ans.
49 internautes sur 51 ont trouvé cet avis intéressant.

Trouvez-vous cet avis intéressant ?

C2O - le 31/01/2011 à 01h31

Je conseille vivement à tous ceux qui aiment le documentaire et le grand reportage d'acheter le DVD édité par le Prix Albert Londres et les Editions Montparnasse "Grands reporters. Les films du prix Albert Londres". Vous y découvrirez "Voleurs d'Yeux", qui a valu le prix Albert Londres à Mme Robin en 1995. C'est glaçant mais absolument convaincant! On comprend mieux pourquoi, on a voulu l'attaquer, car ce film est très dérangeant pour les autorités médicales et politiques. Cette journaliste est vraiment une empêcheuse-de-de-reporter-en-rond. Bravo! A lire aussi le livre qu'elle avait écrit sur cette affaire dans la droite ligne d'Albert Londres. Bravo!
http://www.editionsmontparnasse.fr/product?product_id=1319
70 internautes sur 73 ont trouvé cet avis intéressant.

Trouvez-vous cet avis intéressant ?

yeah yeah yeah ! - le 30/01/2011 à 17h11

Très très droles les commentaires de "Jean François 2" et "Etic". Je suis épaté par la prolifération d'avis aussi contraires et extrèmes à l'opinion du site qui les accueille. Je ne peux m'empêcher de me demander qui se cache sous d'aussi jolis pseudos . Allez messieurs, basta on vous a reconnu ! Lobbyistes de pacotille ! ( et voilà, sans la moindre preuve, je peux moi aussi nourrir le soupçon ! A bon entendeur ! )
58 internautes sur 65 ont trouvé cet avis intéressant.

Trouvez-vous cet avis intéressant ?

Etic - le 30/01/2011 à 12h42

Wikipédia, bonjour les références! Pourquoi ne pas carrément aller sur son blog. A ce sujet, vous pouvez y consulter la composition d'une tarte aux cerises industrielle, hoax qui circule sur le net depuis plus de 10 ans qu'elle a reproduit tel quel. Ça montre son indépendance, son esprit critique et son "éthique" journalistique.
14 internautes sur 78 ont trouvé cet avis intéressant.

Trouvez-vous cet avis intéressant ?

jean-francois2 - le 30/01/2011 à 12h25

Absolument pas. Il est bien précisé que dans ce reportage aucune preuve n'est apporté de la part de la journaliste quant à la réalité de ce trafic. Allez donc chercher un peu plus loin que wikipédia! Reportage militant comme tous les autres...
14 internautes sur 74 ont trouvé cet avis intéressant.

Trouvez-vous cet avis intéressant ?

galure - le 30/01/2011 à 11h48

@jean-francois2
la consultation sur wikipedia de l'article sur Voleurs d'yeux permet de démentir vos accusations biaisées contre cette journaliste.
Merci d'avoir contribué indirectement à mon information. Et je regarderais son nouveau documentaire avec grand intérêt.
57 internautes sur 64 ont trouvé cet avis intéressant.

Trouvez-vous cet avis intéressant ?

.

galure - le 30/01/2011 à 11h48

@jean-francois2
la consultation sur wikipedia de l'article sur Voleurs d'yeux permet de démentir vos accusations biaisées contre cette journaliste.
Merci d'avoir contribué indirectement à mon information. Et je regarderais son nouveau documentaire avec grand intérêt.
57 internautes sur 64 ont trouvé cet avis intéressant.

Trouvez-vous cet avis intéressant ?

jean-francois2 - le 30/01/2011 à 10h47

En effet, le reportage "Voleurs d'yeux" de Madame Robin n'est qu'une escroquerie. Un rapport médical fait à la suite du film contredit le reportage sur le trafic d'organes en Colombie. Une mère affirmait qu'on avait "volé" les yeux de son enfant et ça n'était pas le cas. Le prix Albert Londres qui lui avait été décerné avant l'expertise des médecins a failli lui être retiré. Le jury embarrassé a conclu que :"Madame Robin semble s'être laissée emportée par l'émotion qui a contribué à influencer son regard et son langage. Son reportage est ainsi devenu une démonstration, l'illustration d'une thèse." Bref tout le contraire du journalisme.
Tous ses reportages servent ses convictions et tout ce qui pourrait nuancer ces dernières est écarté. "Le monde selon Monsanto" est un autre exemple de manipulation et son prochain film le sera aussi. Télérama la soutient tout comme Arte car il ne faut pas fâcher le lectorat et le public à majorité bobio décérébré, sans esprit critique. Rappelons que en moyenne un couple dépense 20% de ses revenus dans l'alimentation. Il y a 50 ans c'était 80%. Je doute que tout le monde veuille un retour en arrière.
Quant au bio, si vous vous documentez, vous apprendrez qu'il consomme beaucoup de pesticides: le cuivre(métal lourd qui ne se dégrade pas et pollue les sols), la roténone(maladie de Parkinson), le spinosad(molécule de Dow agrosciences dangereuse pour les abeilles)etc...
L'indépendance de Madame Robin? Une farce!
15 internautes sur 129 ont trouvé cet avis intéressant.

Trouvez-vous cet avis intéressant ?

cyclomal - le 30/01/2011 à 08h31

Un point positif avec la mise au jour de la consanguinité entre l'argent des labos et la diffusion de poison, c'est qu'il va falloir se prendre en mains: Cesser de suivre moutonnement la publicité, fuir au contraire les "alicaments" et autres produits "light"; Ne plus recourir systématiquement à l'ordonnance des toxicologues avide d'avantages en nature que sont devenus nombre de médecins; Privilégier les approches douces qui soulagent et prennent le temps de comprendre; Privilégier le bio à mesure qu'il sera décrié par les empoisonneurs dépités du premier cercle, à la capacité de nuisance intacte. Et laisser les chiens se gargariser des chiffres qui ne prouvent que notre résistance et leurs manipulations...
54 internautes sur 62 ont trouvé cet avis intéressant.

Trouvez-vous cet avis intéressant ?

Etic - le 30/01/2011 à 00h31

Comment pouvez-vous faire encore la promotion de cette pseudo journaliste dont le "bizness" repose sur le catastrophisme et la peur. Elle a bidouillé un reportage sur le trafic d'organes, le monde selon Monsanto est un reportage uniquement à charge truffé de mensonges qui ont depuis été prouvés. Bref son travail est plus proche de la propagande que du journalisme. Et pour vous, elle garde une crédibilité? Je finirais en rappelant juste que l'année dernière l'espérance de vie a encore augmenté en France malgré toute la pollution chimique qui nous entoure selon Mme Robin... Ne soyez pas dupes des marchands de peur!
8 internautes sur 134 ont trouvé cet avis intéressant.

Trouvez-vous cet avis intéressant ?

Zabou48 - le 29/01/2011 à 15h57

J'espère que la diffusion ne sera pas à un horaire tardif, même si c'est toujours anxiogéne, il est bon d'être au courant de la malbouffe quotidienne. Récemment, l'actualité a relaté de la mort d'un jeune homme après avoir ingéré de la nourriture industrielle, un stafilocoque doré serait à l'origine du décés... J'apprécie de le travail d'investigation de Marie-Monique Robin, j'avais pu voir sur Arte l'excellent : Le Monde selon Monsanto. Pour le curcumin, il faut l'associer au poivre, pour qu'il soit plus efficace...
56 internautes sur 63 ont trouvé cet avis intéressant.

Trouvez-vous cet avis intéressant ?

singha - le 29/01/2011 à 00h34

je suis très admirative du travail de Marie-Monique Robin, j'avais d'ailleurs enregistré ses documentaires, comme "Le Monde selon Monsanto" et "Escadrons de la mort", deux véritables chocs que j'ai fait découvrir autour de moi. elle fait preuve d'un courage rare, d'une persévérance et d'une obstination dont nous avons vraiment besoin dans cette société qui en montre de moins en moins. j'attends impatiemment de découvrir son nouveau travail, que ce soit sur Arte ou en librairie.
81 internautes sur 87 ont trouvé cet avis intéressant.

Trouvez-vous cet avis intéressant ?

01:15 Publié dans Modernité | Lien permanent | | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |

25/03/2011

ARTE 25.03.2011 22H10 - RAS NUCLÉAIRE, RIEN À SIGNALER

http://www.arte.tv/fr/Comprendre-le-monde/Catastrophe-nuc...

@Jean de Malter :

1) La parole a été donné à Marcel BOITEUX http://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Boiteux le patron d'EDF qui a lancé la filière nucléaire. Il n'a pas caché que la sécurité de nos centrales nucléaires françaises était déjà, plutôt limite; il n’a pas hésité non plus à pointer la sous-traitance à outrance aux 5 compagnies qui se partage la maintenance nucléaire au plan national.
On imagine mal en revanche qu’à EDF des cadres d’Henri PROGLIO actuellement en fonction se mouillent pour lâcher quelques parcelles de vérité en ce sens. Ce serait, avouons-le, un sacrifice stupide, puisque d'une certaine façon, on la connait déjà ! Idem avec AREVA.
Néanmoins, notre ex-patron d’EDF aurait pu pointer les rivalités existant entre ces 2 groupes; plus sources d’antagonisme que de synergies.
Il aurait pu aussi rappeler les extravagances de la politique de l’énergie menée au travers d’EDF : ouvrir l’entreprise à la concurrence soit disant pour faire baisser les prix, aujourd’hui augmenter les prix publics soit disant pour permettre la concurrence, tout en étant amené, UE oblige, à accorder des tarifs préférentiels à ses concurrents. Une seule certitude : on n’est plus au pays de Descartes.

2) Envisager de sortir du nucléaire est moins un fantasmes qu'un choix plein de lucidité pour que les efforts d'investissements se portent sur des axes de recherche et d'innovation qui déboucheront sur des solutions plus aisément généralisables au monde global actuel que le nucléaire actuel ! Ce sera l'occasion par la même, de ne plus exposer le vivant à des risques de mutations croissant avec l’accumulations de radioactivités artificielles dans notre environnement !

@Sandycov & @Jean de Malter :

- Personne ne croit en effet que les moyens alternatifs qu'on est capable de concevoir aujourd'hui, vont se substituer au nucléaire. Il faudra faire avant d'importantes découvertes pour ce rapprocher de processus qui imitent mieux la nature.

- Mais tout le monde voit bien que les presque 500 centrales nucléaires en fonction dans le monde partagent 2 défauts connus dès leur conception, jusqu’ici toujours négligés,  mais imparables à partir d’un certain niveau de catastrophe, même avec la technologie de la 3e puissance économique du monde et des travailleurs parmi les plus assidus et les plus disciplinés du monde.

(Voir, les réacteurs nucléaires : http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9acteur_nucl%C3%A9aire,  la fusion du cœur : http://fr.wikipedia.org/wiki/Fusion_du_c%C5%93ur,  le problème de criticité : http://fr.wikipedia.org/wiki/Accident_de_criticit%C3%A9; Avec en fin d'article de chacun des articles, la liste des cas connus...)

Quand le cœur du réacteur ne peut plus être ralenti puis refroidi, le processus de fission devient incontrôlable, la chaleur du combustible atomique augmente, faisant péter la plomberie, fondre les enceintes de confinement et libérant la radioactivité qui pollue plus ou moins rapidement mais de façon irréversible, les installations, l'air, l'eau et les sols et sous-sols.

Sous l'effet conjugué d'une chaleur et d'une radioactivité intenables, l'homme perd tout contrôle de la machine qu'il a inventé en appliquant avec le plus grand soin des méthodes de conception qualité, dont - ironie du sort - les japonais ont été les meilleurs promoteurs puisque tout le monde occidental les a adoptées !

La dépêche AFP de ce 27/3/2011 midi fait état sur un des réacteurs, d’une radioactivité de l’eau contaminée, 10 millions de fois supérieure à la normale. La radioactivité du réacteur N°2 est montée maintenant à 1000 millisiverts par heure. En 1h un travailleur ramasserait la radioactivité qu’il ne devrait pas dépasser en 1 an (seuil révisée à la hausse  Les communiqués de TEPCO montrent que la confusion la plus totale règne sur les sites de Fukushima.

Tout ça est fondamentalement une question de logique de conception, de vice fondamental certain qu’on essaye constamment de contourner mais qu’on ne sait ni surmonter ni résoudre.

Cet effort constant pour ne pas tomber dans l’erreur à ne pas commettre avec ce genre de machine, suppose aucune faille dans le pilotage, la maintenance, et l’appréciation des aléas naturels ou technologiques, ça fait beaucoup, beaucoup d’hypothèses et parmi elles des dizaines que nous trouverions probablement très fragiles si nous les connaissions !

Un assureur peut vous assurer contre les dommages résultant d'un aléa  (le tsunami). Jamais il n’acceptera de vous assurer pour un travail mal fait ou un vice de conception (le cœur du réacteur dont on ne peut arrêter la fonte).

Parallèlement, qui accepterait sciemment dans la vie courante, de continuer à utiliser  un appareil qui à la suite d’une série de mauvaises manipulations pourrait vous mettre à la merci d'inconvénients irréversibles et cumulatifs ?

Les risques liées aux ressources

  • le manque d’eau (froide)
  • le nombre limité d’équipements nécessaire pour assurer le refroidissement, et l’impossibilité de les réparer ou les changer en cas de panne ou destruction
  • le manque d’énergie, électrique ou sous forme de vapeur, pour faire tourner les pompes

Erreur technique, erreur de gouvernance, erreur d’estimation des risques

Les tenants du nucléaire tentent de piper le débat :

- en comparant les morts attribués au filières charbon versus nucléaire. Alors qu’on peut être certain qu’il y a aura moins de morts potentiellement dans les filières traditionnelles que ce qu’il peut y a voir dans le fut dans le nucléaire. On insiste sur le côté catastrophe industrielle pour nier la catastrophe environnementale.

12:01 Publié dans Management, Technologies | Lien permanent | | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |

Starring Liz Taylor

SÉLECTION CRITIQUE

Starring Liz Taylor

Le 24 mars 2011 à 19h00    -    Mis à jour le 25 mars 2011 à 9h45

Tags :

Elizabeth Taylor
cinéma américain

LE FIL CINÉMA - Elle a commencé le métier d'actrice à l'âge de 10 ans, mais ce n'est vraiment qu'en 1966, à 34 ans, qu'Elizabeth Taylor fut enfin reconnue comme une grande comédienne, avec “Qui a peur de Virginia Woolf ?”. Sélection, en textes et en images, de ses meilleurs films.

4 réactions

La Chatte sur un toit brûlant
(Cat on a hot tin roof)

Film américain de Richard Brooks (1958)
Avec Paul Newman; Elizabeth Taylor; Burl Ives; Jack Carson

Tennessee Williams était fou de rage lorsque, sur le tournage d'Un tramway nommé Désir, la censure avait refusé que Vivien Leigh avoue avoir poussé son jeune mari au suicide parce qu'il était homosexuel. La censure sévira encore, et pour les mêmes raisons, ici. L'intrigue en est quelque peu affadie, même si Paul Newman, avec un beau courage pour l'époque, interprète volontairement Brick comme une icône homo. Dans ce règlement de comptes familial, Richard Brooks, pas forcément subtil mais toujours efficace, a essayé – et, par moments, réussi – à opposer Newman, objet sexy abîmé (il s'est cassé une jambe) à Elizabeth Taylor, femme dans toute sa plénitude charnelle, constamment repoussée et néanmoins triomphante. Le couple embrase le film.
Soudain l’été dernier
(Suddenly, last summer)

Film américain de Joseph L. Mankiewicz (1959)
Avec Elisabeth Taylor; Montgomery Clift; Katharine Hepburn

Le poète Sebastian, pleuré par sa mère, est mort dans des circonstances mystérieuses. Avec l'aide d'un psychiatre, Catherine, sa cousine, va parvenir à se rappeler l'atrocité de ce qui s'est passé « soudain, l'été dernier ». Gore Vidal et Mankiewicz ont amplifié le propos de la pièce en un acte. Et élargi le décor : on passe d'une serre très inquiétante à un hôpital psychiatrique carrément terrifiant. Les difficultés rencontrées par Mankiewicz avec Montgomery Clift et, surtout, Katharine Hepburn n'affaiblissent en rien la force du film. Sa complicité avec le réalisateur permit, en revanche, à Elizabeth Taylor de réussir l'interprétation de sa vie. Son long récit hypnotique, ponctué de flash-back qui occupent une partie de l'écran, reste, aujourd'hui encore, un étonnant morceau de bravoure. Surprise : la censure accepta ce scénario sur l'impuissance, l'homosexualité, l'inceste et l'anthropophagie. Certaines copies subirent, néanmoins, des coupes. Motif : un dialogue trop cru.
Cléopâtre
(Cleopatra)

Film américain de Joseph L. Mankiewicz (1963)
Avec Elizabeth Taylor; Rex Harrison; Richard Burton; Roddy McDowall; Martin Landau

Le film des paradoxes : le plus gros succès commercial de Mankiewicz, dans l'absolu, mais son plus gros échec en terme de rentabilité (budget colossal, vu les retards). Une œuvre personnelle, pleine de fulgurances et de beautés, mais dont le cinéaste refusa, jusqu'à sa mort, de prononcer le titre, tant sa réalisation avait été éprouvante. Bataille d'égos, scandale des amours Taylor-Burton, assiégés par les journalistes. On se souvient de la réplique excédée de Mankiewicz, lors d'une conférence de presse : « Leur liaison est une couverture. En fait, c'est M. Burton et moi qui sommes amants ! » De toutes les superproductions antiques tournées dans les années 50 et 60, Cléopâtre est, avec Spartacus, de Kubrick , la plus intelligente et la plus somptueuse. Du moins dans sa version dite longue, car toutes les variantes existent entre celle de trois heures exploitée à l'époque et la récente restauration du film, qui inclut des scènes retournées par Mankiewicz, sous la contrainte. Magnifique partition d'Alex North et photo de Leon Shamroy.

Le Chevalier des sables
(The Sandpiper)
Film américain de Vincente Minnelli (1965)
Avec Elizabeth Taylor; Richard Burton; Eva Marie Saint; Charles Bronson

<p><strong><br />
</strong></p>


Laura, peintre désenchantée, s'installe à Big Sur, au bord de l'océan Pacifique. Son fils fréquente un collège dirigé par un pasteur marié, soudain amoureux de Laura. Liaison qui éloigne les deux amants de la société (toujours hostile, chez Minnelli), mais leur permet, paradoxalement, de vaincre leur propre isolement. Lui prendra conscience de la faiblesse de l'être humain. Elle, de sa beauté (le visage d'un enfant remplacera, sur ses toiles, le « chevalier des sables », cet oiseau qu'elle peignait sans fin). Quelques thèmes à la mode dans les années 60 – donc démodés –, quelques improbables beatniks (dont Charles Bronson !) ne parviennent pas à faire oublier la splendeur de la mise en scène et de la photographie (Milton Krasner), l'élégante et obsédante musique (The Shadow of your smile, succès mondial de Johnny Mandel). La couleur rouge domine : couchers de soleil, feux sauvages sur la plage et robes d'Elizabeth Taylor, inoubliable en créature aussi tourmentée qu'une déferlante du Pacifique, peignant devant son chevalet, chevelure au vent au bord de l'océan...
Qui a peur de Virginia Woolf ?
(Who's afraid of Virgina Woolf ?)
Film américain de Mike Nichols (1966)
Avec Elizabeth Taylor; Richard Burton; George Segal; Sandy Dennis

Mieux que le souvenir qu'on en avait. L'interprétation tonitruante d'Elizabeth Taylor (Oscar) et celle, magnifiquement retenue, de Richard Burton (pas d'Oscar) sont appuyées par une mise en scène très soignée, très discrète et très tendre. Trente-cinq ans après, le côté psychanalytique (enfant imaginaire, enfant non désiré) de la pièce d'Edward Albee a cédé la place à une peinture au vitriol de l'Amérique. Le jeune couple est le plus terrible : elle (Sandy Dennis), souris grise aux hanches étroites, déjà alcoolique, déjà frustrée ; lui (George Segal), petit coq ambitieux, prêt au pire pour réussir. Les autres, les vieux, Martha et George, sont des victimes, depuis longtemps foutues et donc forcément bouleversantes. Surtout lorsqu'on les voit tenter de survivre à coups de fureur et de dérision. Superbe photo d’Haskell Wexler.

La Mégère apprivoisée
(The Taming of the shrew)
Film britannico-italien de Franco Zeffirelli (1966)
Avec Richard Burton; Elizabeth Taylor; Michael Hordern; Cyril Cusack; Michael York

Le meilleur Zeffirelli. La violence de la pièce de Shakespeare se perd un peu – dans la seconde partie, surtout – dans la préciosité chère au réalisateur. Mais les costumes (Irene Sharaff et Danilo Donati) et la lumière (Oswald Morris et Luciano Trasatti) sont vraiment magnifiques. Et puis Burton et Taylor, qui, à l'époque, semblaient choisir leurs films rien que pour pouvoir s'engueuler devant et derrière la caméra, sont épatants. Notamment lors de la scène du mariage : à la question du prêtre « Voulez-vous prendre pour époux... ? », etc., Taylor, toute souriante et gentille répond : « I will... » Et c'est alors que Burton l'embrasse fougueusement, avant qu'elle n'ait eu le temps de hurler le « not » qui allait suivre. A voir en VO, évidemment.

Reflets dans un œil d’or
(Reflections in a golden eye)

Film américain de John Huston (1967)
Avec Elizabeth Taylor; Marlon Brando; Robert Foster; Julie Harris; Brian Keith

Un œil d'or, mais d'abord un miroir. Quelque part en Géorgie, dans un fort militaire, trois personnages se découvrent à travers le regard de l'autre. Et s'y voient dénudés. Le capitaine Brando et ses pulsions homosexuelles, son épouse Liz Taylor et ses frustrations, l'amant de celle-ci, et son imbécillité paranoïaque. Le regard, l'autre, c'est le soldat qui chevauche, nu, un cheval nommé Firebird et, voyeur innocent, contemple, la nuit, la femme de son capitaine, endormie. Groupe d'êtres humains, allant du fétichisme à l'automutilation, de la caresse au meurtre. Huston a filmé comme un conte oppressant le bref roman, complexe et torturé, de son amie Carson McCullers. Le cinéaste le plus cultivé de Hollywood peint ces égarés en évitant le jugement, le traité de psychanalyse, la caricature. Un rien d'humour macabre souligne le détachement du metteur en scène, contrepoint à sa compassion pour les inadaptés de la vie, pauvres misfits. Audacieux, très calmement subversif, c'est tout un art de l'inexprimé, du non-dit dont on meurt, qui est, ici, porté au sommet.

Cérémonie secrète
(Secret Ceremony)
Film britannique de Joseph Losey (1968)
Avec Elizabeth Taylor; Mia Farrow; Robert Mitchum

Au cimetière londonien où Leonora, prostituée, se rend souvent – sur la tombe de sa fille –, une jeune femme étrange l'observe. C'est Cenci. Nymphomane, on l'apprendra vite, perverse et surtout perdue, elle s'imagine que Leonora est sa mère, qu'on suppose morte et qui, peut-être, ne l'est pas. Transferts, culpabilité : terrain connu. Une incroyable maison 1900 sera le théâtre de leurs affrontements, avec cadavre dans le placard, divan de Freud et cercueil symbolique. Ecrit par un disciple de Brecht spécialiste du macabre grinçant, le dramaturge George Tabori, c'est un épuisant duel de femmes, dévastateur par son humour sombre, sa sauvagerie, sa folie furieuse. Elizabeth Taylor, Mia Farrow, Robert Mitchum s'y détruisent à nu, dépourvus de leur armure de stars, fragiles, désemparés. Une phrase du dialogue donne la clé de ce film longtemps sous-estimé : « Il faut choisir entre le bon goût et la vérité humaine. » Optant bien sûr pour celle-ci, Losey montre quel moraliste il était, exemplaire, impitoyable, sans jamais de repos ni de paix.

Textes tirés du Guide cinéma Télérama

4 réactions

Le 24 mars 2011 à 19h00    -    Mis à jour le 25 mars 2011 à 9h45

PARTENARIAT COMMERCIAL

mySkreen

A la lecture des articles de Télérama.fr, l'équipe de Vodéo propose dans cet espace des vidéos se rapportant au sujet traité.

Tags :

Elizabeth Taylor
cinéma américain

VOS AVIS (4 COMMENTAIRES)

Koshka849 - le 25/03/2011 à 13h50

Ce n'est pas parce que Tavernier n'a pas apprécié l'interprétation de Liz Taylor dans Qui a peur de Virginia Woolf qu'il a nécessairement raison... J'ai vu ce film pour la première fois hier soir et j'ai été scotchée par le couple Burton/Taylor ainsi que par la violence de l'histoire et des dialogues, un chef d'oeuvre du genre, bien au-dessus de La chatte sur un toit brûlant, en effet. Scènes de la vie conjugale, en comparaison, c'est un conte pour enfants! Magnifique.
Personnellement, je suis contente que la sélection parle du Chevalier des sables, un beau film intimiste imprégné du talent, que dis-je, du génie de Minelli.
8 internautes sur 8 ont trouvé cet avis intéressant.

Trouvez-vous cet avis intéressant ?

chpitt - le 25/03/2011 à 11h30

d'accord et pas d'accord avec les avis précédents: je suis d'accord que l'oubli des premiers films de Taylor est malheureux, effectivement "Ivanhoé" est un chef-d'oeuvre, et les affrontements avec Georges Sanders sont remarquables, notamment le dernier, lorsque Bois-Guilbert est à l'agonie. Sans parler de l'interprétation magistrale que Taylor donne de son amour malheureux pour Ivanhoé. Par contre, je pense que la sélection Cléopâtre & Co est représentative du reste de la carrière de Taylor, et que ce sont tous de bons films, même si le côté Freud, Lacan etc... du film de Losey a vieilli.
Et vive Liz Taylor!
3 internautes sur 3 ont trouvé cet avis intéressant.

Trouvez-vous cet avis intéressant ?

nego - le 25/03/2011 à 08h00

On ne peut pas dire que votre sélection soit très heureuse! D'accord avec l'avis précédent Elisabeth Taylor existait avant 1958.Elle est superbe dans Ivanhoé, par exemple de plus, en revanche les films qu'elle a tourné en héroïne de Tenessee Wylliams sont particulièrement malheureux; la comparaison avec Leigh ou Wood dans Propiété interdite est accablante pour elle. La chatte sur un toit brûlant est un film sans intérêt. Soudain l'été dernier est d'une lourdeur et d'une surchage thématique inssuportable, même si Taylor est excellente à titre personnel. Que dire de Cleopatre, 4 heures pour ressasser une idéee cent fois mieux exprimés dans L'affaire Cicéron ou Eve. De l'avis même de Tavernier sa prestation dans Qui a peur de Virginia Wood est inssuportable de surchage et d'hystérie. Lyz Taylor préféra être une star plutôt qu'une actrice. Elle incarne splendidement un certain âge d'or d'Hollywood. Dont acte, sur le plan professionnel son rayonnement est infiniment moindre que celui d'une Kate Hepburn par exemple. Quand aux références obligés aux cinéastes dit intellectuel de Losey à John Huston, c'est un travers bien français. Non vraiment un hommage bien malheureux!
14 internautes sur 37 ont trouvé cet avis intéressant.

Trouvez-vous cet avis intéressant ?

cricribxl - le 24/03/2011 à 21h15

Incroyables omissions tout de même, E. Taylor a tourné dans quelques grands films avant 1958!!!
Dont "Une place au soleil" de George Stevens en 1951, qui est tout simplement l'un des plus bouleversants chef-d'oeuvre du cinéma américain!
33 internautes sur 39 ont trouvé cet avis intéressant.

Trouvez-vous cet avis intéressant ?

POSTEZ VOTRE AVIS

11:40 Publié dans 7e Art, Culture, Télérama | Lien permanent | | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |

24/03/2011

Liz Taylor, la femme au cœur brûlant

HOMMAGE

Liz Taylor, la femme au cœur brûlant

Le 24 mars 2011 à 17h00

Tags :Hollywood hommage Elizabeth Taylor

LE FIL CINÉMA - On la croyait immortelle… Image de la passion hollywoodienne (version tempétueuse), Liz Taylor, huit mariages et des dizaines d’histoires enflammées, vient de disparaître après une longue lutte contre la maladie. Elle avait tourné avec Mankiewicz, Minnelli, George Stevens… donné la réplique à Rock Hudson, James Dean, Montgomery Clift ou Richard Burton, l’homme de sa vie… Disparue des écrans depuis le milieu des années 80, érigée en icône gay, elle fut très active dans la lutte contre le Sida. A 79 ans, la Diva aux yeux violets, l’un des plus grands mythes du cinéma, disparaît. Un volcan s’éteint.

19 réactions

Pour commencer, il faut arrêter de l’appeler Liz, parce qu’elle détestait ça. Elizabeth donc, née le 27 février 1932, à Londres, fille de Francis Taylor, marchand d’art, et de Sara Taylor, actrice. Comme Judy Garland dix ans plus tôt, Elizabeth est poussée par sa mère vers les studios Universal, mais c’est finalement la MGM qui la récupère. Elle a à peine 10 ans quand elle devient la star de Fidèle Lassie, dont le héros est un chien. Un an plus tard, elle est la petite fille qui aime si fort son cheval dans Grand National. L’Amérique se découvre une passion pour cette nouvelle enfant-star, cette Amérique qui a tant aimé les facéties du tandem Judy Garland/ Mickey Rooney et les merveilleuses anglaises de Shirley Temple. Et de fait, jusqu’en 1951, la splendide brunette au regard violet sera cantonnée dans un seul type de films, familiaux, gentillets, voire franchement gnangnans. Entre Les Quatre filles du Docteur March, et Le Père de la mariée, Elizabeth Taylor attend son heure en jouant les jeunes filles de bonne famille.
Sa carrière prend un virage décisif en 1951, avec Une Place au soleil, un film de George Stevens, qui le premier, décèle le tempérament de feu de l’actrice et de la jeune femme, en lui offrant le rôle d’une riche héritière capricieuse et mondaine. A ses côtés, Shelley Winters, et surtout surtout la beauté ombrageuse de Montgomery Clift. Le film de Stevens marque une rencontre capitale entre Elizabeth et Monty, une amitié sur le fil du rasoir de l’amour. Une photo glanée au hasard des archives de la belle en dit long sur le lien qui unit ces deux-là. Au cours d’une pause, sur le tournage de Soudain l’éte dernier, on y voit Elizabeth Taylor, lunettes noires à la Jackie, petit foulard soixante, pantalon cigarette, les jambes négligemment posées sur une chaise devant elle ; allongé à côté d’elle, la tête alanguie posée sur ses cuisses, Monty Clift. A propos d’Elizabeth, il confessera d’ailleurs que, si les hasards de l’orientation sexuelle l’avaient poussé vers les femmes plutôt que vers les hommes, elle aurait sans aucun doute été la femme de sa vie.
Cinq ans plus tard, le même George Stevens, décidément très inspiré, lui proposera, pour Géant, un autre partenaire tout aussi ténébreux, d’une sensualité brute de décoffrage, mais tout aussi homosexuel que Monty Clift : Rock Hudson qui deviendra, lui aussi, un de ses proches amis. On comprend mieux aujourd’hui d’où lui vient cette image d’icône gay. Icône peut-être, gay-friendly sûrement, et de la première heure, avant même que ce ne soit dans le coup. Géant offre aussi à l’actrice un rôle enfin à la mesure de son talent mais aussi de son physique de femme de plus en plus fatale, de plus en plus volcanique. Et en la voyant dansL’Arbre de vie, d’Edward Dmytrik, tourné un an plus tard, on ne peut s’empêcher de penser à Vivien Leigh en Scarlett O’Hara : même beauté délicate, même jeu en équilibre entre la force et la vulnérabilité, mêmes crinolines aussi, puisque le film a pour cadre le Sud des Etats-Unis après la Guerre de sécession. Côté ville et côté cœur, Elizabeth ne chôme pas. En 1957, à vingt-cinq ans seulement, elle en est déjà à son troisième mariage. Après Nicholas Hilton, Michael Wilding (dont elle a deux fils), elle épouse Mike Todd, dont elle aura une fille née la même année. Le bonheur avec Mike Todd sera de courte durée, il meurt dans un accident d’avion un an à peine après leur mariage.
Les dix années qui vont suivre gravent dans le marbre le mythe Taylor. Qu’elle ne doit pas seulement à sa beauté. Définitivement chatte sur un toit brûlant, elle joue à l’instinct, en dégageant une charge érotique à la limite du supportable pour le code Hays, qui régit les bonnes mœurs du cinéma de l’époque. Elle a bon goût en matière de cinéma et choisit ses rôles avec soin. Pas seulement les rôles, d’ailleurs, les metteurs en scène aussi. Avec Joseph Mankiewicz, l’homme qui donna aux actrices américaines quelques-uns de leur plus beaux rôles (Bette Davis dans Eve, pour ne citer qu’elle), servis par des dialogues ciselés, elle trouve un réalisateur à la mesure de son talent. Pour lui, elle plongera dans les affres deSoudain l’été dernier, chef-d’œuvre tordu qui gravera à jamais cette image d’Elizabeth Taylor en robe très décolletée, s’arrachant les cheveux dans un long hurlement en découvrant le cadavre de son cousin, victime d’une lapidation. C’est, en effet, parce qu’il s’approchait trop des jeunes gens que le personnage souffre cette mort atroce. Le film est hanté aussi par la présence de Katharine Hepburn, campant avec succès une formidable sorcière, mère vampire et rabatteuse pour son gentil fils. Le film vaudra un Gloden Globe de meilleure actrice à Elizabeth Taylor.
On comprend mieux pourquoi elle accepte le Cléopâtre que le même Mankiewicz lui propose quelques années plus tard, en 1963. Un rôle définitif qui lui collera à la peau toute sa vie. Pourtant, objectivement, le film est loin d’être le meilleur de Mankiewicz, ni d’Elizabeth Taylor. Mais ce Cléopâtre la porte aux nues. Elle trône désormais, forte de son cachet d’un million de dollars. C’est une première. Telle la reine d’Egypte, la reine d’Hollywood exige des centaines de costumes, le plus grand coiffeur du monde, le plus grand maquilleur. En 1963, rien ne sera refusé à Elizabeth Taylor, elle obtient tout.

Mais, au-delà de ce décorum
dont il ne reste que quelques images fugaces, principalement à base de doré, il transpire du film quelque chose d’autrement plus fascinant et qui n’a rien à voir avec la cinéphilie. Nos yeux de spectateur enregistrent la naissance d’une des plus belles histoires d’amour du cinéma. La rencontre entre une femme-tempête et un homme-ouragan. A l’époque, Elizabeth est mariée depuis quatre ans à l’acteur Eddie Fisher, mais l’attraction exercée par Richard Burton est du genre irrésistible. Il faut dire qu’il porte beau en jupette et en cothurnes, et qu’il arrive sur le tournage précédé de cette auréole de comédien shakespearien qui impressionne tant les acteurs américains. Richard Burton n’est pas très beau, mais il a un charme dingue, malgré sa réputation confirmée d’homme à femmes et surtout de grand buveur.

Au fil du tournage, l’idylle devient passion,
et c’est justement ce bouillonnement du sang échauffé par tant de passion entre les deux acteurs principaux qui rend le film passionnant. Et scandaleux aux yeux du Vatican, qui s’émeut publiquement de cet adultère étalé à la face du monde, mais aussi aux yeux des autorités américaines, qui multiplient les tentatives pour empêcher les scandaleux du Nil de revenir sur le territoire américain. Finalement, c’est la raison de l’argent qui l’emportera sur la morale. La Fox, productrice du film, après s’être agacée de cet amour inopportun, en voit tout le bénéfice possible. Neuf jours après son divorce prononcé, Elizabeth Taylor épouse Richard Burton, le 15 mars 1964, à Montréal. La même année, ils adoptent une petite orpheline allemande âgée de 3 ans, Maria Carson. Leur histoire d’amour survit à toutes les tourmentes pendant dix ans.
Richard Burton doit s’adapter à la vie de sa superstar de femme, s’habituer à la présence des paparazzis qui les harcèlent sans cesse, frayer avec une jet-set qu’il ne connaît pas. Toutes choses qui sont le quotidien d’Elizabeth Taylor depuis près de vingt ans. Ensemble, ils tournent deux films mémorables, La Mégère apprivoisée et surtout Qui a peur de Virginia Woolf ? (qui vaudra un Oscar à Elizabeth, rien à Burton qui le méritait tout autant). Le film laissera des souvenirs embarrassés à une équipe de tournage qui voit les deux acteurs se déchirer dans des scènes de ménage cinématographiques trop proches de la réalité.
En 1975, Burton et Taylor jettent l’éponge et se séparent. Trop d’alcool, trop de disputes. Un an plus tard, pourtant, ils font une deuxième tentative et se remarient. Pour l’occasion, il lui offre le plus gros diamant du monde. Elle est folle de joie. Pourtant, leur histoire est bel et bien finie en 1976. Richard Burton meurt en 1984 d’une hémorragie cérébrale alors qu’Elizabeth est divorcée d’un sénateur républicain, en attendant d’épouser son garde du corps en cinquièmes noces. A ce point de sa vie, Elizabeth Taylor se met en retrait du cinéma pour lutter contre toutes sortes de maladies qui lui empoisonnent la vie : alcoolisme, obésité, cancer de la peau, hémorragie cérébrale. Elle n’en reste pas moins étonnante dans cette façon d’annoncer son cancer à travers une photo d’elle prise sur son lit d’hôpital, où on la découvre quasiment chauve. Gonflé pour un sex-symbol. Dès le milieu des années 80, elle consacre beaucoup de son temps et de son énergie à la lutte contre le Sida. Sans épargner personne, et surtout pas Frank Sinatra (dont elle a acheté la maison de Bel-Air), qu’elle accuse publiquement d’avoir refusé de débourser le moindre centime. Une action qui donnera à son amie Line Renaud l’idée de faire de même en France.

Les dernières années de sa vie sont des années de souffrance
. Pourtant, elle n’en reste pas moins une femme de bien. En septembre 2004, le magazine français Vogue lui consacre un reportage réalisé, pour la partie images, par le photographe Bruce Weber. Il appartient au clan des fidèles depuis cette photo historique, prise au temps de la gloire, où elle émergeait de sa piscine couverte de bijoux, avec un perroquet sur l’épaule. On y apprenait qu’elle ne pouvait presque plus bouger de son lit et que chaque mouvement de ce corps distordu par les maladies était une douleur. A la dernière page, une surprise sous forme de photo : Elizabeth Taylor âgée, en caftan lamé, la tête renversée en arrière buvant une bouteille non pas de champagne mais de Gatorade (sorte de limonade américaine). Pas une photo volée, non, une photo posée, approuvée forcément par la star, comme pour nous dire: « Tout ce que j’ai été, je le revendique, voilà comme je suis aujourd’hui. ». C’était ça, Elizabeth Taylor.

Marie Colmant

Hommages et déprogrammations :
Qui a peur de Virginia Woolf ?,
de Mike Nichols (1966), jeudi 24, 0h10, France 2
La chatte sur un toit brûlant, de Richard Brooks (1958), jeudi 24, 20h35, France 3
Le miroir se brisa,
de Guy Hamilton (1980), suivi d’un documentaire, mardi 29, 20h35, Paris Première

19 réactions

Le 24 mars 2011 à 17h00

PARTENARIAT COMMERCIAL

mySkreen

A la lecture des articles de Télérama.fr, l'équipe de Vodéo propose dans cet espace des vidéos se rapportant au sujet traité.

Tags :

Hollywood
hommage
Elizabeth Taylor

VOS AVIS (19 COMMENTAIRES)

Page 1 2
Page suivante

.

anarchy - le 25/03/2011 à 00h19

Ultime mariage pour l`etenité d`Elisabeth Taylor avec l`ensemble des stars de l`age d`or de la planéte Hollywood qu`elle est allée rejoindre ;
1 internaute sur 5 ont trouvé cet avis intéressant.

Trouvez-vous cet avis intéressant ?

ecoage - le 24/03/2011 à 19h05

@ M.Colmant (ou a Télérama)
pouvez-vous svp, me dire dans quel biographie ou quel article consacrer a M.Clift vous avez trouvez ce qui suit "
""Il confessera d’ailleurs que, si les hasards de l’orientation sexuelle l’avaient poussé vers les femmes plutôt que vers les hommes, elle aurait sans aucun doute été la femme de sa vie."
J’espère recevoir une réponse !!
3 internautes sur 12 ont trouvé cet avis intéressant.

Trouvez-vous cet avis intéressant ?

sporty - le 24/03/2011 à 18h18

Hommage trop "people" à mon goût. L'évocation de la filmographie est très superficielle (et on a droit au cliché qui prétend que personnages et interprètes se confondent dans "Qui a peur...'). Le couple d'acteurs (magnifique) qu'elle forme avec Burton me semble être à son meilleur dans "Le chevalier des sables" de Minelli, et je la trouve plus troublante que jamais dans "Reflets dans un oeil d'or" de Huston.
5 internautes sur 11 ont trouvé cet avis intéressant.

Trouvez-vous cet avis intéressant ?

Cactus S - le 24/03/2011 à 11h46

j'ai préféré ces quelques lignes de votres mains à l'hommage rendu hier par notre sinistre de la Culture au fait ! Sissi !!!!!!!!!!!!!!
14 internautes sur 18 ont trouvé cet avis intéressant.

Trouvez-vous cet avis intéressant ?

Cactus S - le 24/03/2011 à 11h41

j'ai pris bonnes notes Diapree ! je vais mettre l'avatar qui convient , merci à vous !
4 internautes sur 12 ont trouvé cet avis intéressant.

Trouvez-vous cet avis intéressant ?

diapree - le 24/03/2011 à 11h40

@cactus singularus le fait que la mort soit un phénomène "normal" à partir d'un certain âge , personne n'en disconvient, ce qui n'empêche pas en l'occurrence de le déplorer, et ça aussi c'est une réaction tout à fait naturelle qui n'a rien à voir avec une quelconque réaction d'angélisme, enfin c'est mon avis, sinon plus aucun hommage n'existerait...
12 internautes sur 16 ont trouvé cet avis intéressant.

Trouvez-vous cet avis intéressant ?

telerama - le 24/03/2011 à 10h49

Merci chpitt et perroquet pour votre oeil acéré, ce n'est effectivement pas Monty Clift qui est lapidé, nous avons corrigé.
8 internautes sur 8 ont trouvé cet avis intéressant.

Trouvez-vous cet avis intéressant ?

Cactus S - le 24/03/2011 à 10h15

"On la croyait immortelle…etc etc etc " J'admirais cette grande actrice comme d'autres d'ailleurs et je ne veux pas briser l'ambiance bisounours ici comme ailleurs mais n'est-il pas normal de partir à un certain âge ? sinon huit mariages , quel destin ! sissi !
6 internautes sur 19 ont trouvé cet avis intéressant.

Trouvez-vous cet avis intéressant ?

Cactus S - le 24/03/2011 à 10h02

This Taylor was very rich too !
7 internautes sur 20 ont trouvé cet avis intéressant.

Trouvez-vous cet avis intéressant ?

Orotava - le 24/03/2011 à 08h37

"Il confessera d’ailleurs que, si les hasards de l’orientation sexuelle l’avaient poussé vers les femmes plutôt que vers les hommes, elle aurait sans aucun doute été la femme de sa vie." lit-on dans cet article
Il serait intéressant de savoir où et quand Montgomery Clift a fait cette "confession". Peut être directement à Marie Colmant, en privé...
On se demande une fois de plus si Marie Colmant est journaliste ou scénariste.....
7 internautes sur 22 ont trouvé cet avis intéressant.

Trouvez-vous cet avis intéressant ?

Horace92 - le 24/03/2011 à 08h17

Merci pour cet article malgré quelques approximations (pires sur Libé et dans Le Monde qui ont bêtement recopié l'AFP, Slate a rlégué l'information dans la rubrique SlateTV…) mais surtout merci pour les commentaires de qualité. Quand j'ai lu ceux du Monde.fr, c'était à pleurer…bref, les lecteurs de Télérama sont aussi de vrais cinéphiles et des gens normaux sans haine ni mépris. Bravo.
16 internautes sur 20 ont trouvé cet avis intéressant.

Trouvez-vous cet avis intéressant ?

perroquet - le 24/03/2011 à 07h44

Petite rectification , dans "soudain l'été dernier" , M. Clift est le psy qui évite à E. Taylor d 'être lobotomisée et ce n'est pas lui qui est lapidé ! ceci dit le film est un des + beaux de Taylor,il est à voir absolument ....
18 internautes sur 20 ont trouvé cet avis intéressant.

Trouvez-vous cet avis intéressant ?

Corto M - le 24/03/2011 à 06h45

Liz les yeux mauves, au-delà des grosses machineries hollywoodiennes, c'était aussi des films plus discrets mais ô combien plus intéressants : "Cérémonie secrète", "Le chevalier des sables", etc. Et puis, bien avant que cela devienne à la mode, elle aura été la confidente et la "maman" d'amis gay ou à la sexualité incertaine : Monty Clift, Rock Hudson, James Dean, Bambi, etc. RIP.
15 internautes sur 21 ont trouvé cet avis intéressant.

Trouvez-vous cet avis intéressant ?

diapree - le 23/03/2011 à 19h30

Dire qu'Elizabeth Taylor était belle relève sans doute d'une banalité affligeante, mais son fameux regard violet, la délicatesse de ses traits et la pureté de son ovale la rendaient rxceptionnelle.
Des films on pourrait en citer à l'infini, la comédienne a tourné avec les plus grands, mais quand je l'ai découverte, il n'y a pas si longtemps dans Ivanhoé, le personnage de Rebecca m'a éblouie, envoûtée, tant ce mélange de pureté et d'érotisme rendaient l'actrice unique et la femme suprêmement désirable...
Une légende d'Hollywood disparait, une page se tourne, ses films restent : La chatte sur un toit brûlant ressort aujourd'hui en salles, une reprise qui colle à une actualité qu'on aurait préféré autre...RIP
21 internautes sur 25 ont trouvé cet avis intéressant.

Trouvez-vous cet avis intéressant ?

Mel Tormé - le 23/03/2011 à 19h12

Elle avait tourné en 1953 sous la direction de Richard Thorpe un film dont le titre semble lui être dédié.......
La fille qui avait tout (The Girl Who Had Everything)
16 internautes sur 21 ont trouvé cet avis intéressant.

Trouvez-vous cet avis intéressant ?

Page 1 2
Page suivante

.

POSTEZ VOTRE AVIS

11:36 Publié dans 7e Art | Lien permanent | | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |

22/03/2011

Corinne LEPAGE sur ACTU-ENVIRONNEMT : Faiblesse des centrales nucléaires et secret

On peut faire n’importe quoi, au nom de l’indépendance énergétique !
Et si on y rajoute des arrières pensées militaires, c’est le brouillage le plus complet sur tous les sujets sensibles !

http://www.actu-environnement.com/

Japon : la catastrophe nucléaire avait été prévue

Nucléaire : le secret défense renforce l'opacité complète de la filière française

Tandis que le « j’accuse » d’ex-cadres de l’atome japonais emplit de terreur au regard de la catastrophe toujours en cours, force est de constater que subsistent toujours en France, les conflits d'intérêts qui renforcent le déni de démocratie dans les choix énergétiques français.

Chronique  |  Gestion des risques  |  21 Mars 2011  |  Actu-Environnement.com

Nucléaire : le secret défense renforce l'opacité complète de la filière française

Corinne Lepage
Ancien Ministre de l'Environnement, Présidente de Cap21

Le « j'accuse » d'ex-cadres de l'atome japonais est terrifiant et sonne tellement « juste ».

Reconnaissant que l'ampleur du tremblement de terre comme celui du tsunami était bien supérieur aux scenarii envisagés à Fukushima, ces ingénieurs avouent que les canalisations étaient posées en surface et non enterrées, ce qui explique qu'elles aient été arrachées.

Ils ont accepté les plans de General Electric sans trop se préoccuper de leur adaptation à la géographie locale pour assurer l'indépendance énergétique du Japon. Mashashi Goto, ingénieur ayant travaillé à la construction de la centrale admet que les systèmes de pompes étaient destinés à éteindre des incendies mineurs, pas à refroidir les réacteurs.

Ces ingénieurs réunis dans un collectif font le procès de leurs négligences, de leur indifférence, de leur légèreté, mais surtout du système auquel ils ont appartenu.

Mais ils ont été contrôlés par le NISA, équivalent de notre ASN, par l'AIEA, par leur administration. Comment expliquer cet aveuglement collectif dans un pays où la culture du risque apparait si ancrée et les techniques si sophistiquées.

Ces ingénieurs ne supportent plus la culpabilité qui les ronge mais qu'en est-il de TEPCO et des organismes de contrôle ?

Ce type de comportement n'est-il pas en définitive inhérent au système nucléaire lui-même ?

En réalité, la consanguinité entre les contrôleurs et les contrôlés dans le système nucléaire n'exclut-il pas a priori un réel contrôle ? Ainsi, à titre d'exemple parmi des centaines, faut-il le rappeler, la réponse de Mr Repussard, Directeur Général de l'Institut de Radioprotection, répondant à une interrogation sur les risques de contamination dus aux dégagements nucléaires de la centrale de Fukushima pour la France, lors de son audition dans le cadre de la commission parlementaire du 16 Mars, ayant pour sujet la crise nucléaire Japonaise, fût la suivante : « Il n'y a pas plus de risques que durant la période des Essais Nucléaires ».

Conflits d'intérêts

Si on ne comprend pas que c'est bien la raison d'État qui est à l'origine du développement de l'énergie nucléaire civile (et bien sûr a fortiori militaire), on ne peut pas comprendre ce système hors du droit commun qui dispose de ses propres organismes, de son propre droit, de son propre contrôle.

Or, ce "j'accuse" japonais devrait résonner dans la société française comme un avertissement sans frais en ce qui nous concerne. En effet, nombre d'ingénieurs, y compris venus du nucléaire ont, au cours des années, souligné les faiblesses et les risques de nos installations.

Ils ont été évidemment poursuivis et mis sur la touche au bénéfice d'"experts" qui défendaient le nucléaire, y compris en occultant au passage le fait qu'ils étaient consultants pour les exploitants nucléaires eux même.

Grâce à Michèle Rivasi, nous disposons aujourd'hui en France de la CRII-RAD, qui est en capacité de donner des informations fiables sur la pollution radioactive. Grâce à Youri Bandajevsky, nous disposons dans le domaine médical d'un certain nombre d'informations fiables sur la réalité de la tragédie de Tchernobyl.

Mais, pour l'essentiel et en particulier pour l'information qui est donnée à nos concitoyens, nous sommes victimes d'une désinformation permanente qui dénie le risque et cache les fragilités. Bien évidemment, l'extension du secret défense à la quasi-totalité du domaine nucléaire n'a fait que renforcer une opacité complète qui exclut la réalité d'une information au sens propre du terme sur les centrales nucléaires françaises pour se limiter dans le meilleur des cas à une communication et dans le plus mauvais à une propagande.

Pour ma part, ayant vu de très près le dossier de Fessenheim, je suis scandalisée des risques pris par l'exploitant avec la bénédiction de l'autorité de sûreté. Le refus d'investir des sommes, qui auraient été nécessaires pour répondre aux normes de 2000, témoigne de la prise de risques de manière délibérée tant par le ministre que par l'exploitant et par l'autorité de sûreté.

Dès lors, si la France est un pays démocratique, si la presse fait son travail et en particulier croise les "informations" qui lui sont fournies par le lobby nucléaire et se pose les bonnes questions, alors, des bouleversements sont à attendre dans l'organisation même du contrôle des installations nucléaires.

À l'heure où le sujet des conflits d'intérêts est brûlant et public, ce sujet ne peut pas être exclu du débat sur le nucléaire. Simplement, il revêt une configuration très particulière dans la mesure où le lobby nucléaire a accrédité l'idée que son intérêt se confondait avec celui de l'État, qui se confondait avec celui des Français. C'est évidemment faux. Mais, partant de là, il ne peut y avoir conflits d'intérêts puisqu'il s'agit du même intérêt.

C'est la raison pour laquelle il est fondamental de bien distinguer l'intérêt de l'industrie du nucléaire, celui de la Défense Nationale (nucléaire militaire) et celui de tous les Français.

À partir du moment où ces séparations sont bien marquées, il devient alors possible et finalement assez simple de démontrer les conflits d'intérêt évidents entre ceux qui sont chargés de porter l'intérêt de la nation et ceux qui ne font que défendre un intérêt industriel, dont le profit est de plus en plus privé mais dont la nation française assume les risques technologique et financier.

C'est la raison pour laquelle il est indispensable d'ouvrir un très large débat pour bien déterminer ce dont nous parlons. Qu'est-ce qu'aujourd'hui le nucléaire en France ? Quels avantages économiques ? Combien d'emplois créés ? Combien d'impôts perçus ? Quels coûts collectifs ? Quels coûts financiers passés présents et futurs ? Quels impacts sur les autres activités économiques ? Quel coût sanitaire pour les populations exposées et pour les salariés, à commencer par les sous-traitants ? Quel coût pour le démantèlement ?

Autant de questions qui démontrent à l'évidence que l'intérêt des uns n'est pas nécessairement celui des autres et qu'en conséquence confondre intérêt général et intérêt du nucléaire, par les gouvernements successifs et nombre de parlementaires depuis près de 50 ans, est non seulement faux mais dangereux à bien des égards. Espérons que la raison sera suffisante pour ne plus perdre de temps avant de changer notre fusil d'épaule.

Des alternatives sont possibles, il suffit de les mettre en place.

Corinne LEPAGE, avocate, ancien Ministre de l'Environnement, Présidente de Cap21.

02:45 Publié dans Management, Technologies | Lien permanent | | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |